[Sélection] 4 œuvres geek primées au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême à lire d’urgence

bande dessinée

Par Fabio le

À l’occasion du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, qui se tient ce week-end, revenons sur quelques uns des albums marquants primés dans le cadre de la grand messe de la bande dessinée. Voici donc une sélection, non exhaustive, de quatre histoires situées dans les univers de l’imaginaire qu’on vous recommande chaudement. Très chaudement.

V-for-Vendetta

Quelques petites précisions pour commencer. Figurent dans cette courte sélection seulement les albums qui ont obtenu le prix du meilleur album à Angoulême sous ses différentes appellations (le prix a évolué avec les années, passant du Alph-Art au prix du meilleur album puis au Fauve d’or depuis 2008). Vous pouvez retrouver la liste complète du palmarès à cette adresse. Secondo, nous nous sommes concentrés sur les albums qui font écho aux univers de l’imaginaire ou à la culture geek. Que ça ne vous empêche pas, néanmoins, de lire les inoubliables témoignages que sont L’Arabe du Futur ou Maus, pour n’en citer que deux.

Pinocchio, 2009

Pinocchio

C’est une oeuvre particulièrement singulière que ce Pinocchio signé Winshluss, qui navigue dans de multiples eaux, alternant l’humour, l’horreur ou le message politique. Les aventures de la célèbre marionnette sont ici revues et corrigées sur une tonalité résolument sombre. Exit le pantin de bois, Pinocchio est un androïde créé pour des raisons pécuniaires (son géniteur avait pour objectif de vendre « le concept » à l’armée). Les rencontres – mauvaises – et les lieux – lugubres – s’enchaînent pendant presque 200 pages pour le petit robot, seulement ponctués par les sketchs drôlissimes mettant en scène Jiminy Cafard, niché dans la tête de la marionnette. Un périple époustouflant duquel on ne ressort pas indemne.

Aux éditions Les Requins Marteaux, 188 pages, 22 euros

Calvin et Hobbes, t. 2 : En avant, tête de thon !, 1992

calvin et hobbes

Un petit garçon de six ans, solitaire et doté d’une imagination débordante, qui discute quotidiennement avec son tigre en peluche de sujets d’adultes, voilà comment on pourrait résumer Calvin et Hobbes en quelques lignes. C’est aussi et surtout l’occasion pour Bill Watterson, le dessinateur et scénariste de ces comic-strips – un genre sur le point de disparaître des journaux – de dépeindre avec beaucoup d’ironie, d’humour et de clairvoyance la société moderne. Tout le génie de Calvin et Hobbes provient de la force des situations et des gags, que Watterson déroule toujours avec un talent incroyable en moins de trois cases. Et comment ne pas louer le trait de l’auteur – marqué par les comics et la pop culture – dans les strips plus longs, ceux qui étaient publiés le week-end ? Comment, enfin et surtout, ne pas être frustré que Watterson n’a ensuite plus jamais créé de BD ?

Intégrale Calvin et Hobbes T2, Hors Collection, 128 pages, 16,90 euros

Watchmen, 1989

Watchmen

Véritable chef-d’oeuvre de la bande dessiné américaine, Watchmen, sous-titré Les Gardiens chez nous, a été écrit par Alan Moore, dessiné par Dave Gibbons et colorisé par John Higgins. Prenant place dans une année 1985 uchronique où les super-héros sont mis à l’écart de la société, le ton de la BD se montre pessimiste et incroyablement actuel. Dr. Manhattan, héros surpuissant qui ferait passer Superman pour un Yorkshire inoffensif, est au centre de cette intrigue qui mêle super-héros, guerre nucléaire, théorie du complot et même histoires de pirates ! Une oeuvre majeure qui mélange bande dessinée et roman pour nous offrir une histoire à tiroirs interrogeant sur divers sujets comme la religion ou la gestion du pouvoir. Un indispensable.

Chez Urban Comics, 464 pages, 35 euros

V pour Vendetta, 1990

v pour vendetta

Alan Moore au scénario, encore, accompagné cette fois de David Lloyd au dessin. Dans cette Angleterre dystopique de la fin du 20ème siècle, le pouvoir oppresse les populations, traque les minorités ethniques et sexuelles. C’est alors qu’un justicier masqué appelé V va tenter par des actions coup de poing de renverser le gouvernement fasciste. Superbe récit orwellien, V pour Vendetta aura également marqué par la puissance visuelle du masque du héros, inspiré des traits de Guy Fawkes et aujourd’hui repris par le mouvement Anonymous.

Chez Urban Comics, 352 pages, 28 euros

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