Les États-Unis à la peine dans sa cyberguerre lancée contre la Corée du Nord

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Par Elodie le

Depuis 2014, les États-Unis ont accentué leurs attaques contre la Corée du Nord dans l’espoir de saboter son programme de missiles nucléaires nord-coréen. Las, les résultats laissent encore à désirer.

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Il y a trois ans, alors que Sony Pictures allait subir un piratage dévastateur attribué aux hackers de la Corée du Nord par la Maison Blanche (le FBI et la NSA), le président Barack Obama ordonnait au Pentagone d’intensifier ses attaques électroniques et cybernétiques contre la Corée du Nord dans le but d’empêcher le bon déroulement de ses lancements de missiles, à même de transporter un jour une charge nucléaire (à l’instar des BM25 Musudan, version modifiée du R-27 Zyb soviétique), révèle le New York Times.

Si, peu de temps après, un grand nombre de tirs de missiles effectués par le régime de Pyongyang ne sont soldés par des échecs en déviant de leur trajectoire ou en se crashant en mer, cela n’est pas nécessairement à mettre au crédit des États-Unis.

Des cyberattaques aux résultats timides

Si d’aucuns prétendent que les attaques ciblées américaines ont porté leur fruit et retardé de plusieurs années le jour où la Corée du Nord pourra menacer les contrées américaines par sa puissance de feu, d’autres se montrent beaucoup plus pessimistes.

Les erreurs de fabrication, ou la simple incompétence peuvent également expliquer ces déboires. D’autant qu’au cours des derniers mois, le régime communiste a réussi plusieurs lancements de fusées de moyenne portée tout en poursuivant ses essais nucléaires malgré les sanctions des États-Unis et ses cyberattaques.

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crédits : La corée du Nord présente sa prétendue première ogive nucléaire – KCNA/Handout/European Pressphoto Agency

Peu d’informations ont filtré dans les colonnes du NYT concernant l’ampleur de ses efforts cybernétiques : après discussions avec la direction du renseignement national et l’administration Trump, il a été décidé de retenir certaines infirmations qui pourraient aider le régime nord-coréen à parer ces attaques.

Une menace nucléaire très présente

Il s’avère par ailleurs très difficile de manipuler les données des systèmes de missiles à distance, car les efforts déployés par les États-Unis pour empêcher les Nord-coréens de développer l’arme nucléaire ont échoué. Le seul recours serait d’empêcher le régime de se doter de missiles intercontinentaux en perturbant leurs tests, son leader assure déjà être très proche du « test inaugural », tout en communiquant sur sa capacité à miniaturiser une bombe nucléaire pour l’installer dans un missile…

Lundi, la Corée du Nord a tiré plusieurs missiles balistiques (à courte portée), dont trois ont terminé leur course dans la mer du Japon, poussant les États-Unis à déployer son bouclier anti-missiles THAAD en Corée du Sud. En laissant les clés de la Maison Blanche à son successeur, Barack Obama a prévenu Donald Trump que la Corée du Nord serait « le problème le plus urgent qu’il devra affronter ».

En 2010 déjà, les États-Unis, aidés d’Israël, avaient déjà tenté de perturber le programme nucléaire d’un pays ennemi en déployant plusieurs logiciels malveillants, dont le fameux Stuxnet, contre les infrastructures iraniennes. Le logiciel avait contribué à infecter une centaine de centrifugeuses nucléaires. Les États-Unis avaient alors tenté d’infecter le programme nucléaire nord-coréen avec le même virus, sans connaitre le même succès. Le pays le plus fermé du monde jouit d’un réseau internet dès plus archaïques. Un retard qui a peut-être contribué à mettre en échec les efforts cybernétiques américains.

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