Solo : A Star Wars Story : Un acteur dépeint les coulisses mouvementées du tournage du film

Cinéma

Par Julien Paillet le

C’est une source anonyme de Vulture et un acteur du film Solo : A Star Wars Story qui fait aujourd’hui plusieurs révélations sur le tournage de l’oeuvre. Ses propos, très intéressants, nous en apprennent plus sur l’exigence phénoménale attendue sur ce type de production. Exigence à laquelle, visiblement, tout le monde n’était pas préparé.

Le fait que Solo : A Star Wars Story ait eu une production chaotique n’est pas une nouvelle en soi. En revanche, les nombreuses révélations sur le tournage du film apportées aujourd’hui par la source anonyme de Vulture constituent un véritable scoop. Il faut bien comprendre que ce genre d’explication est excessivement rare pour un blockbuster de cette ampleur, surtout lorsque le métrage concerné n’est même pas encore sorti au cinéma.

Au revoir Lord et Miller, bonjour Ron Howard

“C’était fou. Ils ont viré nos patrons. Tout le monde s’envoyait des SMS disant : “Tu as vu la nouvelle ? Tu crois qu’ils vont repartir en tournage ?” C’était désordonné. Et c’était fou de voir que tout fuitait dans la presse” commence par déclarer la source de Vulture en référence au licenciement de Phil Lord et Christopher Miller au début de l’été dernier

« Phil et Chris ne sont pas de mauvais réalisateurs, mais ils n’étaient pas préparés pour Star Wars. Au bout de la 25e prise, les comédiens se regardaient en mode “Ça devient bizarre !” Les réalisateurs étaient un peu en roue libre. Ils étaient aussi sous pression, car dans ce genre de film, vous avez toujours des gens autour de vous » peut-on lire dans l’article de Vulture. Il faut ici rappeler que le duo de metteur en scène n’avait encore jamais œuvré sur une telle production. Pourtant, on ne peut pas non plus dire que ces derniers étaient inexpérimentés. Ils avaient notamment signé les réussites que sont 21 Jump Street, La Grande Aventure Lego et 22 Jump Street.

Lorsque le réalisateur Ron Howard (Willow, Un homme d’exception) est arrivé pour prendre la relève de Lord et Miller, ce dernier aurait « immédiatement pris le contrôle » et aurait « rapidement été respecté » selon l’acteur. Ce dernier poursuit en donnant une information capitale : “C’est exactement le même script”“Ils filment exactement les mêmes choses. Il n’y a rien de nouveau. Lord et Miller utilisaient des décors entiers. Mais Ron utilise juste des parties de ces décors. Je suppose qu’ils ne tournent pas en angle large. Peut-être pour économiser.”

Il faut donc comprendre ici que le scénario devrait rester inchangé, et que la mise en scène du métrage serait sensiblement plus cache-misère que prévu. L’absence, ou du moins la limitation de prises de vues en plans larges tendraient donc à donner au spin off de la saga intergalactique une forme potentiellement plus télévisuelle et incohérente avec le genre du space opera.

Un problème d’acteur

Outre la mise à pied des deux réalisateurs de 21 Jump Street, l’acteur chargé d’interpréter une version plus jeune du personnage de Han Solo/Harrison Ford a également constitué un problème majeur. Alden Ehrenreich (Sublimes Créatures, Ave, César !) n’a visiblement pas été suffisamment convaincant et aurait échoué durant une grande partie du tournage à incarner comme on lui demandait de le faire le “cow-boy de l’espace”. « Alden n’est pas un mauvais acteur, il n’est juste pas assez bon. Essayer d’imiter Harrison Ford est vraiment difficile. Copier quelqu’un d’autre est compliqué. » a expliqué la source de Vulture. Cette dernière nous apprend aussi qu’un coach a été appelé en renfort pour aider le comédien à mieux travailler. Des propos très durs mais apparemment justifiés.

Cependant, par la suite, et toujours selon le même témoignage : « Le jeu d’Alden s’est détendu. Il s’est rapproché du style d’Harrison. Le coach a clairement aidé ». Il faut donc comprendre qu’après un départ catastrophique, le comédien aurait pu se rattraper in extremis.

Un extrait de Ave, César ! réalisé par les frères Cohen en 2016 où Alden Ehrenreich interprète un mauvais acteur :

Quoi qu’il en soit, ces nombreuses déclarations nous dévoilent les coulisses d’un blockbuster où la réalisation et le fait d’interpréter un personnage principal très populaire sont des métiers difficiles à exercer. Au-delà des différends artistiques qu’il y a pu avoir entre le tandem Phil Lord/Chris Miller et Disney, on comprend aussi que le manque d’expérience (et de réalisme ?) des deux cinéastes leur a coûté ici très cher.

Enfin, la source de Vulture conclut en disant ne pas savoir si tous ces problèmes un véritable impact la qualité du résultat final. Mais précise tout de même au sujet de la production la chose suivante : “Ils doivent faire de Solo un bon film après le fait que Les Derniers Jedi n’ait pas rapporté autant d’argent qu’ils voulaient. S’ils veulent continuer à faire des films Star Wars comme ils le font, Solo doit être une réussite.

Pour découvrir si oui ou non Solo : A Star Wars Story est à la hauteur de ses propres attentes, il faudra patienter jusqu’au mois de mai prochain, le 23 pour être exact. D’ici là, vous pourrez vous procurez le DVD/Blu Ray de Star Wars : Les Derniers Jedi, disponible dès le 20 avril 2018 en France (voir article concernant les bonus ici).