Netflix pourrait acheter des salles de cinémas pour y projeter ses films

Général

Par Elodie le

Fichtre qu’elle est bonne cette idée ! Le service de streaming était en pourparlers pour racheter la plus grande chaîne de salles de cinéma d’artistes des États-Unis, Landmark Theatres, avant de reprendre ses billes.

Annihilation

Netflix a-t-il trouvé la solution au conflit qui l’oppose au Festival de Cannes ? D’après le Los Angeles Times, Netflix souhaitait acquérir les 56 salles de cinéma de Landmark Theatres, fondé par le réalisateur Kim Jorgensen et détenu aujourd’hui par le business man Mark Cuban et Todd Wagner.

Toutefois, le prix demandé aurait refroidi les ardeurs du géant de la VoD. D’autant que Netflix ne s’intéresse pas spécifiquement à Landmark, mais envisage d’acquérir un ensemble de salles de cinéma, rapporte une source à Variety.

Recherche salles désespéremment

Si le deal a capoté, Netflix n’a pas pour autant dit son dernier mot. Cette stratégie pourrait s’avérer payante à l’avenir et rebattre les cartes de l’industrie du divertissement quand bien même elle surprendrait puisque le service compte désormais 125 millions d’abonnés dans le monde, devant Amazon et Hulu. La plateforme a également décidé de poser 8 milliards de dollars sur la table pour produire plus de 700 contenus originaux, dont 80 films avec des personnalités comme Martin Scorsese ou les frères Cohen.

En effet, la polémique du Festival de Cannes est encore dans tous les esprits à quelques semaines de la cérémonie d’ouverture. Netflix a été exclu de la compétition officielle cette année et a décidé de retirer tous ses films du festival en retour (hors compétition également alors qu’elle leur reste ouverte).

Cannes fait bloc

Okja

L’année dernière, Netflix avait pu prendre part à la compétition avec les films Okja de Bong Joon-Ho (notre critique) et The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach, mais avait suscité la controverse en refusant de projeter ses films dans les salles françaises comme l’exigeait le président de Festival Thierry Frémaux. En conséquence de quoi ce dernier avait adopté un nouveau règlement entré en vigueur pour cette édition 2018.

Dorénavant, tout film qui souhaitera concourir en compétition à Cannes devra préalablement s’engager à être distribué dans les salles françaises. Cette disposition nouvelle s’appliquera dès l’édition 2018 du Festival International du Film de Cannes.

Pour Frémaux, il n’est pas question de vilipender ce type de plateforme de plus en plus présente dans les festivals et cérémonies de récompenses, mais bien de soutenir une certaine idée du cinéma – et la chronologie des médias : « Les gens de Netflix ont adoré le tapis rouge et aimeraient nous présenter d’autres films. Mais ils ont compris que leur intransigeance sur leur propre modèle s’oppose désormais à la nôtre », regrettait alors le président du festival.

À la poursuite des Oscars

Son avis est certes partagé par nombres d’acteurs de l’industrie français, mais pas seulement. Le maestro Steven Spielberg a lui-même estimé en mars dernier que ces plateformes n’avaient pas droit au chapitre des récompenses du 7e art : « Une fois que vous choisissez le format télé, vous faites un film pour la télévision. Et vous méritez, si c’est un bon film, de gagner un Emmy Award, mais certainement pas un Oscar. […] Je ne pense pas que les films qui sont projetés dans quelques salles pendant moins d’une semaine devraient être nommés aux Oscars ».

Posséder des salles de cinéma pourrait donc résoudre bien des choses pour Netflix, surtout si la plateforme espère voir ses films nommés aux Oscars, qui exigent également que les films soient diffusés en salles pour être éligibles.

Netflix a déjà projeté deux films en salles, mais dans un temps limité et en le proposant simultanément sur sa plateforme. Amazon de son côté est plus souple avec ses productions en projetant Manchester by the sea (oscars des meilleurs acteurs et scénario) et The Big Sick dans les salles avant de la proposer sur Prime Video.

Netflix a obtenu un oscar avec le documentaire Icarus sur le système de dopage russe.

Nos vieilles séries préférées ont toujours la cote, même sur Netflix