Salto : TF1, M6 et France TV s’allient (enfin) pour contrer Netflix

Business

Par Elodie le

Les trois groupes vont créer une plateforme de SVoD commune proposant du live, du replay et un catalogue enrichi, autour d’une offre ne devant pas dépasser 7 euros par mois. Ce « Netflix français » se nommera Salto.

Enfin ! C’est une offre légale et commune qu’on n’attendait plus. France Télévisions, TF1 et M6 ont trouvé un terrain d’entente pour faire barrage à Netflix, dont la croissance insolente ne souffre d’aucun obstacle.

« Avec Salto, les groupes France Télévisions, M6 et TF1 entendent proposer une réponse ambitieuse aux nouvelles attentes du public », ont assuré les trois groupes dans un communiqué.

French Netflix Killer ?

Cette future plateforme OTT, c’est-à-dire qu’elle sera accessible via internet sur mobile, tablette, ordinateur et certains téléviseurs, fonctionnera sur abonnement et sans engagement. Elle proposera  « une offre d’une variété sans égal : information (JT, magazines, événements spéciaux), sports, divertissements, fictions françaises, séries US, documentaires et cinéma ».

Salto permettra également « de retrouver tous les meilleurs programmes de télévisions (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits ». D’autres services « enrichis » seront proposés ainsi que « des avant-premières ». Une question se pose : quid de Molotov.tv qui permet de regarder l’ensemble des chaines françaises, mais aussi certaines séries diffusées sur OCS, comme Game of Thrones et Westworld ?

Il est encore trop tôt pour dire si cette nouvelle offre sera le « french Netflix killer » tant espéré, mais les trois groupes affichent leurs ambitions et laissent la porte ouverte à d’autres éditeurs de contenus qui voudraient rejoindre l’aventure Salto. En l’occurrence Canal + et OCS ne font pas partie de l’union sacré.

7 euros/mois sans engagement

Aucune date de lancement ou de tarifs n’a été communiquée, Le Figaro évoque néanmoins une offre 1,99 euros et une autre à 7 euros par mois, juste en deçà de Netflix et son offre à 7,99 euros/mois avec un seul écran en simultané (et sans HD). Salto « proposera plusieurs formules d’abonnement pour tenir compte des besoins de chacun », et « s’articulera de la meilleure manière avec les plateformes gratuites existantes: MYTF1, 6Play et France.tv », précise le communiqué commun. Une société autonome détenue à parts égales par les trois groupes devrait également voir le jour. La plateforme sera hébergée sur… Amazon Web Services (AWS), le cloud d’Amazon, comme l’ont relevé dans les mentions légales du futur service plusieurs internautes. Un choix difficile à comprendre : pourquoi privilégier les services d’un concurrent direct au détriment du français OVH ?

Si dans un premier temps, la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte espérait pouvoir lancer son « Netflix français », son projet de plateforme payante attendue au printemps a été suspendu. Faire cavalier seul s’avérait compliqué et l’État n’était pas très enclin à voir apparaître une offre payante pour l’audiovisuel public alors que les Français s’acquittent déjà de la redevance télé. Politiquement, ça passe mal.

Union sacrée contre Netflix

Lundi, la ministre de la Culture Françoise Nyssen n’incitait-elle pas l’audiovisuel public à « construire des alliances avec les chaînes privées pour permettre l’émergence d’un champion numérique de la diffusion des programmes français », comme souhaité par le président Macron ? Delphine Ernotte a finalement réussi à convaincre ses homologues Gilles Pélisson (TF1) et Nicolas de Tavernost (M6) de faire alliance commune.

En France, la résistance à Netflix s’organise, notamment avec OCS et Altice d’un côté qui pourrait annoncer une alliance avant l’été, FilmStruck pour les classiques de l’autre, et désormais Salto. Il faut dire qu’il y a péril en la demeure : en seulement 4 ans de présence, Netflix compte déjà 3,5 millions d’abonnés et capterait 14% du trafic internet français selon l’ARCEP.