Les consommateurs de cannabis sont moins sensibles aux anesthésies

Science

Par Amandine Jonniaux le

La drogue, c’est mal. Et en l’occurrence, ça peut faire mal.

Crédits – 7raysmarketing via Pixabay CC

Si le cannabis est surtout connu pour ses effets euphorisants, la consommation régulière de cette drogue peut aussi avoir des conséquences plus inattendues. Au Colorado, une récente étude a démontré que les consommateurs réguliers (le cannabis à des fins récréatives est autorisé depuis 2012 dans cet État) étaient en effet beaucoup moins sensibles aux effets des anesthésies locales ou générales, dispensées par les médecins lors d’une intervention.

L’étude, menée sur plus de 250 patients américains dévoile en effet que les patients ayant consommé quotidiennement ou de manière régulière du cannabis, étaient en effet deux fois moins sensibles aux sédatifs que des personnes ayant préalablement déclaré n’avoir jamais consommé de drogue. En moyenne, 14% à 220% de sédation supplémentaire était réclamée par le patient afin d’être réellement efficace. Publiée dans le journal de l’Association Américaine d’Ostéophathie (JAOA), l’étude porte principalement sur trois types de sédatifs utilisés en milieu hospitalier, le fentanyl, le midazolam et le propofol, couramment utilisés en cas d’interventions légères comme des endoscopies.

Selon des chiffres estimés en 2015, et récemment dévoilés par la CNN, 183 millions de personnes sur la planète seraient des consommateurs habituels de cannabis. Une popularité grandissante, mais qui n’est pas sans risque. En plus des problèmes de santé évidents sur l’organisme, la prise régulière de substances stupéfiantes pourrait ainsi modifier la tolérance de certains patients aux sédatifs. De plus, la prise d’anesthésiques en plus grosses doses est également susceptible d’entraîner davantage d’effets secondaires et de complications lors d’une intervention.

Source: JAOA