Pourquoi Orange va communiquer les données de ses clients à l’UE ?

Télécom

Par Julie Hay le

Sur demande de la Commission européenne, huit opérateurs téléphoniques vont partager les données de géolocalisation de leurs clients. Une mesure qui vise à connaître l’efficacité des mesures de confinements et à définir la marche à suivre dans les prochains jours.

Crédits : Sara Kurfeß on Unsplash

Pour lutter contre la pandémie de coronavirus, de plus en plus de gouvernements se tournent vers les données GPS. C’est le cas notamment d’Israël qui va utiliser son outil de tracking antiterroristes pour suivre de près l’évolution du coronavirus. L’Union européenne suit le mouvement et réclame aux opérateurs téléphoniques de plusieurs pays de partager les données de localisation de leurs clients. Orange a été choisi en France, aux côtés des opérateurs allemands T-Mobile et anglais Vodafone. Selon Le Monde, l’idée est d’anticiper les pics de contamination et d’adapter les mesures de confinement en conséquence.

Une mesure exceptionnelle qui inquiète et qui interroge sur la protection des données des utilisateurs. Sur ce point la Commission européenne entend jouer la carte de la transparence et affirme que les données seront anonymes et que l’observation se fera à une plus grande échelle qu’en Chine par exemple. Les chercheurs pourront étudier le respect du confinement “à l’échelle d’un code postal”. Le contrôle européen de la protection des données contrôlera ces collectes et assure que cela ne permettra pas de tracer des individus. Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, précise à nos confrères du Monde que cela permettra “d’analyser la densité de la population dans le temps pour voir le lien entre les mesures de confinement et la propagation du virus, avec comme objectif clair d’anticiper les pics de contamination.” De plus, la Commission européenne affirme que toutes les données collectées seront supprimées à la fin de l’épidémie.

Rappelons que le confinement est effectif depuis le mardi 17 mars et qu’il devait durer deux semaines. Le gouvernement s’apprêterait à annoncer un prolongement alors que le Conseil d’État a préconisé cette semaine une durée de six semaines pour plus d’efficacité.

Source: Le Monde