Le confinement généralisé améliore la qualité de l’air à travers le monde

Science

Par Felix Gouty le

Le confinement n’a pas que ces mauvais côtés. Suite, notamment, à la réduction drastique du trafic routier et aérien, la qualité de l’air s’est nettement améliorée dans de nombreux pays et en particulier à Paris.

La COP 25 veut renforcer et endurcir les accords sur le climat.

Le 17 mars à midi, la population française a débuté une période de plusieurs semaines de confinement dans l’espoir de limiter la propagation du COVID-19. De nombreuses entreprises se sont mises à l’arrêt et des usines ont temporairement fermé boutique. Certains salariés du secteur tertiaire, aujourd’hui en télétravail, ont abandonné les transports en commun. Les transports et le trafic aérien ont été progressivement limités. Les conséquences de cette crise sanitaire sans précédent ne sont pas toutes mauvaises ou contraignantes. Le confinement généralisé dans plusieurs pays du monde profite grandement au climat : la qualité de l’air a rarement été aussi bonne dans certaines régions du globe – comme le montre une carte interactive basée sur des données compilées par le satellite Sentinel-5P de l’Agence spatiale européenne (ESA). Ce dernier traque les concentrations de dioxyde de nitrogène (NO2), gaz généré par la combustion du carburant et ainsi considéré comme l’un des principaux marqueurs de pollution de l’air. “La baisse des émissions de dioxyde de nitrogène est particulièrement significative dans le nord de l’Italie”, a souligné Claus Zehner, responsable des observations du satellite de l’ESA dans un communiqué seulement 48 heures après l’élargissement des mesures de confinement au reste du pays.

Déjà en Chine, il y a quelques semaines, l’Agence aérospatiale américaine (NASA) avait constaté une réduction de 10 à 30% de dioxyde de nitrogène à Wuhan, foyer de la pandémie et l’une des premières villes mises en quarantaine. Plus récemment, aux États-Unis – et en particulier en Californie, l’un des premiers états du pays touchés par le coronavirus SARS-CoV-2 – “la rapide réduction de la concentration du dioxyde de nitrogène est sans précédent”, a affirmé Barbara Dix, chercheuse météorologue de l’université du Colorado, à Gizmodo.

Paris respire mieux

Crédits : Airparif.

En France, l’Association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France (Airparif) a constaté une concentration en NO2 inférieure de 60%, 48 heures après la mise en place du confinement, en comparaison aux moyennes des mois de mars des années précédentes. Elle estime que la qualité de l’air dans l’agglomération parisienne est aujourd’hui meilleure, d’environ 30%, qu’en temps normal. Selon Airparif, cette amélioration s’observe d’autant plus le long des axes routiers où se situent plusieurs stations de mesure, autour de Paris. “En 40 ans de mesure d’Airparif, cette situation sur les stations trafic ne s’est jamais produite de manière aussi importante et sur autant de stations”, a déclaré l’association dans un communiqué. “Autre bonne nouvelle, cette baisse des polluants de l’air s’accompagne d’une baisse du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre, soulignant les liens entre ces deux problématiques et le co-bénéfice pour le climat de toute amélioration de la qualité de l’air”. Quant aux dangereuses particules fines, généralement émises par les pots d’échappement des véhicules à moteur thermique, aucune réelle diminution n’a été constatée mais aucune augmentation non plus, ce qui n’aurait pas été le cas en temps normal.

Source: Gizmodo