Conduire un SUV ne serait vraiment pas éco-responsable

Automobile

Par Felix Gouty le

Le SUV est à la mode en Occident. Tant et si bien que l’ensemble de ces véhicules en circulation serait devenu l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre au monde.

Crédits : @Riedelmeier via Pixabay

Conduire avec une voiture à moteur thermique, rejetant des gaz à effet de serre, pollue mais conduire un SUV à moteur thermique, polluerait encore plus. En octobre 2019, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), reconnue par l’OCDE, a publié un rapport sur la dangereuse popularité de ces véhicules utilitaires sport au cours de cette décennie. Elle affirme que la quantité moyenne de CO2 émise par l’ensemble des SUVs en activité dans le monde est passée de 0,55 gigatonnes à 0,7. De ce fait, ce groupe de véhicules serait aujourd’hui à considérer comme le deuxième plus important émetteur de gaz à effet de serre : après le secteur de l’énergie, en première position, et juste avant l’industrie lourde (comme celle de l’acier), l’ensemble des camions et des avions en circulation. Cette étonnante constatation vient de deux facteurs. En premier lieu, la popularité grandissante de ce type d’automobiles en Occident : selon l’AIE, la moitié des voitures vendues actuellement aux États-Unis – et le tiers en Europe – sont des SUV. Entre 2010 et 2018, la vente des SUVs aurait plus que doublé dans le monde d’après le Guardian. C’est d’ailleurs bien pour cela que la plupart des nouveaux véhicules électriques mis sur le marché (comme par Nissan) sont de type SUV. Seulement, les SUV ne sont pas des voitures ordinaires. Ils consomment, généralement, près d’un quart de plus d’énergie que d’autres automobiles – et donc, polluent nécessairement plus.

En l’occurrence, les SUVs seraient responsables d’une demande accrue de 3,3 millions de barils de pétrole par jour, entre 2010 et 2018. A l’inverse, toutes les demandes d’approvisionnement estimées en provenance d’autres consommateurs (qui ne roulent pas en SUV) auraient légèrement faibli. “Si l’appétit des consommateurs pour les SUVs continue sur cette tendance croissante, théorise l’AIE dans son rapport, ces véhicules ajouteront encore 2 millions de barils par jour à la demande mondiale d’ici 2040.” D’après l’AIE, là encore, l’augmentation du nombre d’automobiles électriques sur les routes – estimé à 150 millions d’ici là – ne serait pas suffisante pour compenser cette demande accrue en carburant polluant, qui favorise le réchauffement climatique.

La Contamination du monde -...
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