Les trois règles à suivre pour fabriquer un bon smartphone pas cher

Smartphone

Par Antoine Gautherie le

L’annonce officielle du Pixel 4a n’a pas tardé à faire ronronner les adeptes du segment milieu de gamme, avec un beau cocktail de caractéristiques techniques à un prix très raisonnable. Une bonne occasion d’essayer de généraliser pour trouver la recette d’un très bon smartphone sans pour autant se ruiner : voici notre sainte trinité du rapport qualité-prix !

Hier, c’était le grand jour de l’annonce du Pixel 4a, dernier-né de la gamme de smartphones de Google. S’il faudra attendre sa sortie officielle en octobre prochain pour se faire une idée définitive, les premiers retours sont toutefois unanimes : il s’agit d’un excellent qualité-prix, qui s’annonce d’ores et déjà comme un prétendant sérieux au trône du milieu de gamme. Pour l’occasion, nous avons décidé d’extrapoler pour extraire les grands points aujourd’hui indispensables pour produire un smartphone de très bonne facture à un prix raisonnable.

1°) Un appareil photo qui maîtrise ses fondamentaux

C’est sans doute l’argument numéro un du Pixel 4a, avec son prix : si l’on s’arrêtait à la qualité des clichés que l’appareil est capable de réaliser, on serait en droit de le qualifier de smartphone “haut de gamme” sans transpirer. Il se charge une nouvelle fois de prouver que les optiques d’un appareil milieu de gamme ne riment plus forcément avec drame, et pour les autres fabricants, cela signifie qu’il n’y a plus d’excuses pour faire des concessions sur cette partie plus cruciale que jamais de l’appareil ! Cela ne signifie pas pour autant qu’il y a besoin d’un bloc photo monstrueux, bardé de capteurs, avec téléobjectif, macro, ToF, et un nombre de pixels qui frise à l’obscène. Loin de là : à la place,  miser sur une configuration simple et efficace permet bien souvent d’obtenir des résultats largement suffisants pour le commun des mortels ! La preuve par quatre avec le dernier bébé de Google, qui n’embarque par exemple… qu’un seul capteur de 12 megapixels (f/1,7), et fait pourtant des ravages en termes d’image. D’autant plus que lorsqu’on voit l’évolution des algorithmes qui se cachent derrière ces lentilles, il semble de moins en moins utile de collectionner les optiques rutilantes et hors de prix.

2°) Un bel écran sans fioritures

A quoi bon faire de jolies photos et vidéos si on ne peut pas en profiter ? Aujourd’hui, au même titre que l’appareil photo, un écran en-deçà des standards actuels constitue une faiblesse quasiment rédhibitoire au royaume des smartphones.  Pour autant, cela ne signifie pas qu’il y a forcément besoin du nec-plus-ultra des écrans, car passé un certain pallier, le prix commence à grimper de façon radicale et pas forcément justifiée. Par exemple, très peu d’utilisateurs auront besoin d’une dalle capable d’atteindre des taux de rafraîchissement vertigineux, comme le ROG Phone 3 et ses 140 Hz (jusqu’à 160 Hz avec une option cachée) ! Selon les usages, certaines autres fonctionnalités comme la 4k ou le support HDR sont également loin d’être indispensables; s’ils comportent des avantages évidents, ils se paient souvent au prix fort, parfois trop pour valoir le coup. En revanche, tout le monde pourra apprécier et même bénéficier concrètement des avantages d’une belle dalle OLED, avec une définition Full HD+, un taux de rafraichissement de 60 Hz minimum et une luminosité suffisante pour être utilisée en plein soleil (au moins 350 cd/m²). Le Pixel 4a est une preuve de plus qu’un tel package est tout à fait possible à des prix très raisonnables. Même pour produire un bon smartphone peu cher, il apparaît aujourd’hui indispensable de l’équiper d’un écran de bonne facture!

3°) Un SoC de bonne facture, mais sans exagérer

S’il y a bien un composant où les constructeurs ont tendance à verser dans l’exagération, c’est certainement le SoC, le centre névralgique de l’appareil sur lequel sont embarqués les microprocesseurs, la mémoire vive… Il existe aujourd’hui de belles bêtes sur le marché, comme le tout récent Snapdragon 865+. Mais alors que les laboratoires de Qualcomm et consorts continuent de produire des bijoux d’ingénierie à un rythme effréné, on en oublierait presque que les plus puissants d’entre eux dépassent souvent les besoins, parfois de très loin. Et de la même façon qu’il semble ridicule d’utiliser une Ferrari pour ses trajets quotidiens, il n’y a rien d’infamant à se rabattre sur une alternative moins puissante… et moins chère de plusieurs ordres de grandeur. Pour reprendre l’exemple du Pixel 4a, Google aurait certainement dû revoir le prix de son appareil à la hausse d’au moins une centaine d’euros s’il avait choisi de l’équiper d’un Snapdragon 865+…  Une décision qui serait allée à l’encontre de la philosophie d’un engin milieu de gamme, et surtout, n’aurait été d’aucune utilité à l’immense majorité des cibles de ces smartphones. A la place, le dernier-né de Google s’en sort parfaitement bien avec un Snapdragon 730, qui permet d’assumer les usages du quotidien et même de jouer confortablement à des jeux sans sourciller. Même réflexion pour le Snapdragon 765 du OnePlus Nord, largement suffisant pour la grande majorité des utilisations !

Google Pixel 4 6Go de RAM /...
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Google Pixel 4 6Go de RAM /...
  • Google Inc.
  • 2 ans
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