Ce filtre pour masque peut tuer les pathogènes en quelques secondes

Science

Par Felix Gouty le

Des chercheurs suisses ont mis au point un tissu en nanofibres de TiO2 qui non seulement capture les pathogènes mais participe aussi à les tuer sous l’effet de rayons UV.

Crédits : @leo2014 via Pixabay

Mieux filtrer pour mieux tuer ? Des chercheurs suisses du laboratoire de physique des matériaux complexes, à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ont conçu un nouveau tissu filtrant capable de tuer les pathogènes qu’il capture. Ce tissu est composé de nanofibres de dioxyde de titane, ou TiO2, et peut figurer sur un masque comme ceux qui couvrent désormais notre bouche et notre nez au quotidien. Il s’oppose aux masques chirurgicaux standards et jetables, qui ne sont constitués que de plusieurs couches de microfibres de polypropylène (une sorte de plastique). Ces derniers ne permettent que de stopper les projections de gouttelettes liquides (principal moyen de transport du coronavirus du COVID-19, par exemple) émises par leur porteur. Le tissu en TiO2 conçu par les chercheurs de l’EPFL filtre non seulement les plus infimes particules mais les tue en seulement quelques secondes. Les scientifiques suisses l’expliquent en détail dans une étude parue dans la revue Advanced Functionnal Materials.

Le tissu “miracle” possède en effet des propriétés de photocatalyse. Les molécules d’eau captées par ses nanofibres du fait de l’humidité se muent en agents oxydants lorsque des rayons ultra-violets les frappent. Un agent oxydant, comme le peroxyde d’hydrogène, est capable de détruire n’importe quel pathogène à son contact. Pour le vérifier lors d’une expérience, les chercheurs ont contaminé un masque doté du filtre en TiO2 avec une colonie bactérienne d’Escherichia coli. Après être passé seulement quelques secondes aux UV, le masque en était totalement dépourvu. Les scientifiques suisses sont ainsi convaincus que le résultat sera le même avec un virus comme SARS-CoV-2. Ils sont si confiants que certains d’entre eux ont fondé la start-up Swoxid pour commercialiser leur invention. “En milieu hospitalier, les masques standards sont placés dans des poubelles spéciales juste après leur utilisation et sont traités avec attention, souligne László Forró, l’un des auteurs de l’étude en question, dans un communiqué rapporté par Science Alert. Néanmoins, leur usage dans le monde extérieur – où ils sont jetés dans des poubelles ouvertes ou même laissés sur le sol – peut devenir une véritable source de contamination.” S’il se déploie à travers le monde, le filtre en TiO2 – et sa facilité à éliminer les pathogènes – pourrait participer à contrer ce phénomène.