Actuellement, le moindre dépassement de la limite de vitesse autorisée entraîne la perte d’un point sur le permis. Ce dernier en comptant douze, on peut vite se retrouver sans permis ! Selon l’AFP, le ministère de l’intérieur a entamé une réflexion sur l’annulation de cette sanction pour les « petits » excès de vitesse, ceux de moins de 5 km/h.
Sanctions salées
Cela ne veut pas dire que les amendes pécuniaires seront elles aussi éliminées : elles restent en place. Pour les associations d’automobilistes, cette « réflexion » est une divine surprise, chez 40 millions d’automobilistes on appelle même à « aménager les sanctions financières » si les chiffres des accidents n’augmentaient pas après la mise en œuvre de cette mesure.
Le discours est totalement opposé du côté de la Ligue contre la violence routière, qui assène que la lutte contre les petits excès de vitesse permet justement de baisser la mortalité sur les routes. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr), 53,7 % des retraits de points sur les permis de conduire en 2020 étaient la conséquence de tels excès de vitesse, ou du franchissement d’une ligne continue.
Les mêmes données indiquent que 8 automobilistes sur 10 disposaient de tous leurs points sur leur permis, quand 5 % seulement n’en possédaient que la moitié ou moins. La Sécurité routière estime que l’instauration du permis à point, qui remonte à 1992, a contribué à faire baisser de près d’un tiers le nombre de morts sur les routes. À l’époque, on comptait plus de 9.000 décès chaque année. Désormais, on en était à 3.000 en 2021.
Mais le permis à point n’est pas le seul outil pour réduire les accidents. La baisse de la vitesse, la sécurité renforcée dans les véhicules et les radars automatiques ont aussi largement participé à ce recul.