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Pourquoi les films Netflix sont mauvais ? La réponse de Matt Damon ne va pas vous plaire

C’est de notre faute. Invité du podcast The Joe Rogan Experience, Matt Damon a évoqué la qualité des films Netflix. En marge de la sortie de The Rip, l’acteur dévoile les secrets de fabrication de la plateforme.

C’est déjà un constat que l’on pouvait faire à la découverte de la saison 5 de Stranger Things, il est encore vrai quand on regarde The Rip. En pleine tournée promotionnelle pour le film qu’il partage avec Ben Affleck, Matt Damon n’a pas eu que des mots tendres à l’égard de Netflix et… du public.

Lors d’une interview pour le podcast The Joe Rogan Experience, le comédien s’est confié sur les discussions qu’il a eues avec les dirigeants de Netflix avant la sortie du blockbuster d’action réalisé par Joe Carnahan.

Si vous trouvez que les films rabâchent constamment leurs enjeux, c’est de votre faute. Matt Damon confirme ce qui se murmure depuis plusieurs années, la plateforme prend en compte les spectateurs qui regardent un film ou une série le téléphone à la main. Le N rouge lui aurait dit :

“Ce ne serait pas si mal de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, parce que les gens sont sur leur téléphone en regardant”.

Dans The Rip, en version originale, le titre est prononcé de nombreuses fois par les dialogues. Les personnages s’interrogent à de multiples reprises sur la manière de procéder après la découverte de millions de dollars en cash dans une planque. Nos policiers vont-ils céder à la tentation ? Vont-ils s’emparer de cet argent et renier leurs responsabilités de représentants des forces de l’ordre ?

Le film interroge constamment la droiture de ses personnages… et pas seulement pas les images ou la narration. Les dialogues appuient cette idée pour s’assurer que les deux du fond aient bien saisi les tenants et les aboutissants du récit. Une scène d’exposition en boucle, le film n’est pas le seul concerné.

Une tendance qui s’installe

Cette manière d’écrire n’est pas nouvelle, elle serait largement utilisée par Netflix pour s’assurer que ses utilisateurs ne décrochent pas en cours de route. L’objectif pour la plateforme américaine est moins de délivrer des films et des séries ambitieux que de donner à ses utilisateurs une bonne raison de rester.

Netflix est un acteur de l’économie de l’attention et doit surtout s’assurer que rien ne perturbe son auditoire assez pour le motiver à changer de programme… ou de plateforme. Comme le note Matt Damon, l’engagement lorsque l’on regarde un film sur une plateforme ou à la télévision n’est pas le même qu’au cinéma.

Sorti d’une salle demande plus d’effort que de simplement zapper. “La barre pour que quelqu’un quitte une salle de cinéma est beaucoup plus haute que pour que quelqu’un change de chaîne. Vous savez, les réalisateurs veulent parfois faire des films qui sont dérangeants”. 

Il évoque notamment une séance de Taxi Driver racontée par un ami qui s’est rendu dans un cinéma de New York pour voir le film. Perturbé par les événements dépeints à l’écran, il s’est levé avec l’intention de quitter la salle.

Il n’a pas pu s’y résoudre, trop investi dans la narration et la proposition de Martin Scorsese. “Si le film avait été proposé sur Netflix ou Amazon, les spectateurs perturbés auraient changé de chaîne. Mais ça ne veut pas dire que vous ne devez pas faire Taxi Driver”. 

5 minutes pour convaincre

Matt Damon et Ben Affleck évoquent la manière dont cette stratégie de rétention de l’attention affecte aussi la structure narrative des films et des séries proposés sur Netflix. Matt Damon parle notamment de la manière dont les propositions d’action étaient construites jusqu’ici, avec quelques scènes qui installent les grosses scènes d’action qui font office de final.

“La manière standard de faire un film d’action est de placer trois éléments, un dans le premier acte, un dans le second et un dernier dans l’acte final. C’est une montée en puissance jusqu’au dénouement, c’est là que vous dépensez la majeure partie de votre budget. Maintenant, il faut qu’il y ait une grosse scène dans les cinq premières minutes parce que l’on veut que les gens restent”. 

Reste que certaines productions parviennent à se départir de ses directives et à rencontrer un vif succès auprès du public. Ben Affleck cite par exemple Adolescence, “qui n’a rien fait de toute ces m*rdes et c’était p*tain de bien”. Tout n’est pas perdu.

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