Dans l’enquête menée en octobre 2025 par l’Ifop auprès de 1 000 jeunes Français de 16 à 25 ans, 64% déclarent recourir à des outils comme ChatGPT ou Gemini pour se livrer sur leurs émotions ou solliciter des avis intimes. Le phénomène n’est plus si nouveau, mais de plus en plus d’internautes – et surtout les jeunes – se sont appropriés les outils d’IA pour se fabriquer un véritable psy de poche, disponible tous les jours, et à n’importe quelle heure. Chez une tranche de la population où la très grande majorité utilise régulièrement l’IA générative, l’outil dépasse le simple cadre utilitaire pour devenir un exutoire émotionnel.
Les jeunes se confie (trop ?) à ChatGPT
Contrairement à un humain, l’IA répond instantanément, gratuitement et sans risque de stigmatisation. Un atout clé dans un contexte où la santé mentale des jeunes reste fragile, avec une solitude croissante post-pandémie, et des déserts médicaux toujours plus vastes. Plutôt que de batailler pour trouver un psychologue qui acceptera de les recevoir en consultation toutes les semaines, les jeunes sont de plus en plus à préférer se tourner vers l’IA. Ce qui n’était au départ qu’un outil de triche ou de recherche s’est vite transformé en assistant à tout faire. Y compris lorsqu’il est question de vider son sac, rapporte l’enquête commanditée par Jedha. Si 8 étudiants sur 10 voient dans l’IA l’opportunité de gagner en productivité, les interactions relatives aux conseils personnels grimpent à 64%, et talonnent la simple recherche d’informations.
Cette évolution n’est pas isolée : une étude Harvard Business Review de 2025 classait déjà le “soutien psychique” comme premier usage des chatbots, devant les tâches techniques, chez les 18-25 ans. Chez les utilisateurs quotidiens (25% des jeunes), l’IA est jugée “très utile” à 79%, un cercle vertueux où l’habitude renforce encore la dépendance émotionnelle.
La santé mentale des jeunes est-elle en danger ?
Le phénomène ne manque pas d’interroger : si 64% des jeunes externalisent leurs tourments face à une machine, quid de l’isolement et de la santé mentale ? D’un point de vue plus pragmatique, la question du stockage des données sensibles se pose également. Le problème, c’est que malgré toute la bonne volonté du monde, les professionnels de santé peinent à suivre. En France, le dispositif “Mon soutien psy” ne suffit à absorber la demande, malgré un remboursement de 8 séances sur prescription du médecin traitant. L’arrivée de ChatGPT dans l’équation pourrait retarder l’accès à un vrai suivi, d’autant plus que 40% des jeunes restent pessimistes sur l’impact sociétal de l’IA.
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