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Blacksheep : le Shein de l’optique s’attaque à la mode, et ça va faire mal

Blacksheep, connu pour ses lunettes low cost made in China, lance Blacksheep Fashion : une marketplace de vêtements ultra-abordables avec un argument massue.

Après avoir secoué le marché de l’optique, Blacksheep veut s’attaquer à la fast fashion. Un pari étonnant, alors que la France est entrée en guerre ouverte contre les mastodontes chinois du marché. Pour s’imposer, la jeune marque vient de dévoiler un argument massue, avec du prêt-à-porter vendu à 90% de son prix habituel.

Le mouton noir de l’optique lorgne sur le marché textile

En fin d’année dernière, Blacksheep avait secoué le marché de l’optique : sur un marché habitué aux prix toujours plus exorbitants, l’enseigne proposait une formule inédite, avec du 100% made in China assumé, et des prix cassés. L’argument commercial était de taille, avec des montures à partir de 3€ et des verres correcteurs à partir de 5€, contre plusieurs centaines d’euros chez un opticien classique. Avec un pop-up installé rue de Rivoli, mais aussi à Lilles et Bruxelles, l’entreprise est promise à un avenir florissant.

Logique donc, qu’elle ambitionne de diversifier ses activités. Toujours avec un modèle 100% made in China qui joue sur la transparence et des prix bas, en provenance directe des usines de fabrication la déclinaison fashion de Blacksheep se présente comme une marketplace assumée, au modèle économique révolutionnaire. “Des vêtements à la pointe de la mode à prix d’usine“, affichés à partir de 5€, dans une optique de mode ultra-abordable. Un sacré argument dans une France qui subit de plein fouet l’inflation et la hausse des prix.

Le pari est risqué

Ce lancement intervient dans un contexte morose pour l’ultra-fast fashion. Selon l’observatoire BPCE, les dépenses chutent de 2% en 2025, après +49% en 2023 et +62% en 2024, au profit de la seconde main (+13%). L’effet Shein, marqué par une arrivée controversée au BHV et un scandale sur fond de produits illégaux a érodé la confiance des consommateurs et des consommatrices. Reste à voir si la qualité et la confiance du grand public suivra. Si Blacksheep devient une référence du secteur, l’entreprise sera sans doute amenée à se justifier sur la question de l’impact environnemental et des conditions sociales appliquées dans ses usines.

En France, l’entreprise va aussi devoir composer avec les projets de malus économique sur les petits colis issus de la fast fashion ou des marketplace. Si les enseignes Temu, Primark, Shein ou encore AliExpress font un carton auprès des consommateurs, les politiques français ne voient pas ces sites d’un très bon œil. Alors que le gouvernement envisage de taxer les produits d’ultra-fast fashion, le pays entend booster l’attractivité de la production made in France. Pas sûr que cette politique arrange les affaires de Blacksheep.

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