Passer au contenu

Les trotinettes électriques doivent-elle suivre les mêmes règles qu’un vélo ?

Avec l’essor fulgurant des trottinettes électriques, monoroues et autres hoverboards dans nos villes, ces engins de déplacement personnel motorisés, ou EDPM, sont devenus incontournables pour les trajets du quotidien.

Pratiques, écologiques et rapides, ils transforment la mobilité urbaine, mais ils soulèvent aussi des questions importantes sur la sécurité et le respect des règles : âge minimum, assurance obligatoire, interdiction des trottoirs, équipements de sécurité, vitesse limitée… Les trottinettes électriques et autres EDPM sont-ils vraiment soumis aux mêmes règles que les vélos ? Où peut-on circuler légalement ? Quels sont les risques d’amende ? Avec plus de 1 700 accidents recensés en 2024 et une réglementation qui se durcit, on fait le point sur tout ce qu’il faut savoir en 2026.

Qu’est-ce qu’un EDPM et comment est-il encadré par la loi ?

Les EDPM regroupent une variété d’engins innovants comme les trottinettes électriques, les gyropodes, les hoverboards ou les monoroues, tous propulsés par un moteur électrique et conçus pour une utilisation individuelle sans siège. Contrairement aux rollers ou aux trottinettes classiques, qui assimilent leur utilisateur à un piéton, l’ajout du moteur change tout : vous devenez un usager de la route à part entière, soumis à des obligations spécifiques. Reconnus officiellement en 2019 par le Code de la Route, ces engins ont vu leur réglementation renforcée en 2023 pour une meilleure cohabitation entre les usagers de la route.

Où peuvent circuler les EDPM : pistes cyclables, routes et zones piétonnes ?

La circulation des EDPM s’aligne en grande partie sur celle des vélos, mais avec des nuances importantes pour assurer une bonne fluidité. Tout d’abord, la piste cyclable n’est pas optionnelle pour les EDPM. Si elle est disponible, elle doit être obligatoirement empruntée sous peine d’une amende de 135 euros pour non-respect des zones autorisées. En l’absence de piste, il faudra opter pour les routes limitées à 50 km/h en agglomération, ou pour les aires piétonnes. Pour circuler dans les aires piétonnes, vous devez adopter une allure modérée, plafonnée à 6 km/h, pour ne pas perturber les piétons.

En dehors des agglomérations, la circulation des EDPM n’est autorisée que sur les voies vertes et les pistes cyclables. Les préfets peuvent éventuellement autoriser l’accès à certaines routes où la limite est de 80 km/h ou moins, mais cela reste exceptionnel et soumis à des conditions strictes de visibilité.

Trottoirs et stationnement : autorisations locales et interdictions courantes

Sur les trottoirs, la prudence est de mise, car la réglementation dépend largement des décisions municipales. En principe, la circulation sur les trottoirs est interdite, sauf autorisation expresse et motivée de la mairie, et toujours à une vitesse ne dépassant pas 6 km/h avec priorité absolue aux piétons.

Les communes ont la possibilité de s’adapter à leur environnement, mais dans la plupart des cas, comme à Paris, les EDPM sont bannis des trottoirs. Il y est donc obligatoire d’utiliser des pistes cyclables ou la chaussée à 50 km/h maximum. Les trottinettes en libre-service sont d’ailleurs proscrites dans la capitale depuis 2023. Il en va de même dans la plupart des grandes villes françaises, avec quelques exceptions dans certaines zones autorisées, notamment à Bordeaux.

Le stationnement suit une logique similaire : le code de la route autorise le stationnement des EDPM sur les trottoirs à condition qu’ils ne gênent pas la circulation des piétons, sans réglementation nationale plus stricte. Ce sont les maires qui peuvent toutefois interdire le stationnement par arrêté municipal, une pratique courante dans les grandes villes pour éviter l’encombrement et assurer le passage des piétons. Mais là aussi, certaines villes sont plus tolérantes que d’autres. Pour être sûr de ne pas recevoir une amende qui peut aller de 35 € (stationnement gênant) à 135 € en cas de récidive, privilégiez les zones dédiées ou les racks vélo.

Âge minimum, transport de passagers et équipements de sécurité

L’âge minimum pour piloter un EDPM a été fixé en 2023 à 14 ans. C’est une augmentation de 2 ans par rapport aux 12 ans nécessaires auparavant, motivée par des préoccupations sur la maturité et la sécurité des plus jeunes. Cette mesure du plan national de régulation a été saluée pour réduire les accidents impliquant des mineurs, qui représentaient une part importante des incidents avant la réforme. Quant au transport de passagers, c’est formellement interdit : ces engins sont conçus pour un usage exclusivement personnel, et enfreindre cette règle expose aussi à une amende de 135 euros. Contrairement aux vélos qui tolèrent parfois un enfant sur un siège adapté, les EDPM ne le permettent pas.

Équipements de sécurité

Bien que le casque ne soit pas obligatoire en agglomération pour les adultes, il est vivement recommandé par les autorités, et devient impératif hors ville sur les routes autorisées jusqu’à 80 km/h. Dans ces scénarios, il faut l’associer à des vêtements réfléchissants et à des feux allumés en permanence pour maximiser la visibilité. La nuit ou par faible luminosité, un gilet rétroréfléchissant est obligatoire partout, contrairement aux cyclistes qui en sont exemptés en ville.

Au niveau de l’engin en lui-même, l’EPDM doit être équipé tout comme un vélo pour circuler légalement : système de freinage efficace, avertisseur sonore audible à distance, feux avant et arrière et dispositifs réfléchissants sur les côtés et à l’arrière.

Attention aux distractions

Tout comme en vélo, les interdictions relatives aux distractions s’appliquent aux utilisateurs d’EDPM : les casques audio, écouteurs et tout appareil émettant du son sont strictement interdits, avec une amende de 135 euros à la clé. Le téléphone au guidon est donc lui aussi interdit.

L’assurance est obligatoire

Ce dernier point est peut-être l’un des plus importants, car il est ignoré par une grande partie des utilisateurs. Pour conduire un EPDM sans risquer d’amende ou de lourdes dépenses en cas d’accident, il est nécessaire de souscrire à une assurance responsabilité civile spécifique. Elle couvre les dommages causés à autrui, y compris en location libre-service. Les contrats pour ce type de véhicule sont généralement peu chers, il est donc préférable de ne prendre aucun risque et rouler en règle.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode