Passer au contenu

Pass Navigo : Valérie Pécresse veut faire raquer les touristes

La présidente d’Île-de-France Mobilités ne s’en cache pas : le paiement par carte bancaire dans les transports est conçu pour faire financer l’infrastructure par les visiteurs, pas par les Franciliens. Un choix politique revendiqué, avec un verbatim qui ne laisse aucun doute.

Faire payer les touristes plutôt que les Franciliens. Lors de la conférence de présentation du paiement par carte bancaire dans les transports parisiens qui se tenait la semaine dernière, la présidente d’Île-de-France Mobilités Valérie Pécresse a résumé la philosophie du dispositif sans détour : « Notre objectif, c’est que les touristes payent le prix ».

Le ton est donné. Le paiement par carte bancaire dans le métro parisien n’est pas seulement une modernisation technologique. C’est un outil de tarification différenciée, pensé pour faire supporter le coût de l’infrastructure par les non-résidents plutôt que par les contribuables franciliens qui utilisent le réseau quotidiennement.

Un modèle rodé depuis les JO

L’idée n’est pas nouvelle. Elle a été testée grandeur nature pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024, où des tarifs spécifiques avaient été appliqués pour couvrir les 250 millions d’euros d’investissements générées par l’événement. Le résultat a visiblement porté ses fruits, puisqu’Île-de-France Mobilités affiche zéro dette liée aux JO sur les transports. « Si on n’avait pas fait le tarif JO, c’est les Franciliens qui auraient payé les 600 millions ou les 250 millions d’offres supplémentaires ». Le précédent a validé le principe, qui ambitionne désormais un déploiement plus large.

Il faut dire que la modernisation du réseau coûte cher : 140 millions d’euros d’investissement, 25 millions par an de fonctionnement, soit 45 millions annuels en coût amorti sur sept ans, précisent les dirigeants d’IDFM. Le surcoût appliqué (0,80 centime par ticket de métro, 0,50 centime par ticket de bus et pas de prise en charge des correspondances dans un premier temps) devrait ainsi permettre d’atteindre cet équilibre sans répercussion sur les Franciliens.

Au-delà des usagers, IDFM a aussi pointé du doigt l’allègement que représenterait le dispositif pour les entreprises franciliennes. Des sociétés de province qui envoient leurs salariés à Paris bénéficient actuellement du même réseau, sans y contribuer directement. Avec la carte bancaire à tarif majoré, ces visiteurs professionnels pourraient participer à hauteur de leur utilisation. « C’est quelque chose qui nous avait été demandé, qui nous a été relevé comme une injustice par les entreprises franciliennes », a précisé la présidente de région.

Si les tarifs visiteurs continuent de grimper au fil des années, pendant que Liberté Plus reste l’option raisonnable pour qui a le bon réflexe de s’inscrire. Le dispositif, présenté comme la nouvelle solution par défaut pour les usagers réguliers, ne s’en cache d’ailleurs pas. C’est vers lui que la majorité des clients devraient se tourner.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode