Que vous décolliez en direction des Caraïbes ou de Moscou, à bord d’un Airbus A320 ou d’un Boeing 737, le froid vous cueillera à un moment donné de votre vol. La cabine des avions de ligne est fortement climatisé, grâce à l’air prélevé au niveaux de leur moteurs, qui est ensuite refroidi avant d’être insufflé à l’intérieur de l’appareil. En général, la température oscille entre 22 °C et 24 °C, mais elle peut parfois descendre jusqu’à 18 °C selon les zones ou les réglages du commandant du bord et de son copilote.
Des températures confortables dans l’absolu, mais qui peuvent rapidement être ressenties comme plus fraîches qu’elles ne le sont vraiment. Au bout de cinq ou six heures de vol, les plus frileux d’entre nous peuvent les trouver désagréables, mais ce n’est rien en comparaison à ce qu’il pourrait se passer si les compagnies aériennes décidaient de faire remonter le mercure.
Le froid : votre meilleur ami à haute altitude
Une cabine d’avion n’est jamais pressurisée au niveau de la mer : ce serait bien trop contraignant et dangereux pour la structure de l’appareil, en plus d’être trop gourmand en carburant. Si l’on maintenait celle-ci (environ 1013 hPa) à une altitude de croisière de 10 000 mètres (où la pression extérieure est extrêmement faible, autour de 260hPa), la différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur serait colossale.
Pour éviter cela, les ingénieurs aéronautiques ont trouvé un compromis : en altitude de croisière, la cabine est pressurisée pour simuler une altitude comprise entre 1 800 et 2 400 mètres (environ 6 000 à 8 000 pieds), soit l’équivalent d’une moyenne montagne.
Par conséquent, votre organisme, non acclimaté à cette altitude, dispose d’environ 25 % d’oxygène en moins qu’au sol. La plupart des passagers ne le remarquent jamais ; d’autres, en revanche, ressentent une faiblesse, des vertiges, une sensation de tête qui tourne, et peuvent parfois faire des malaises.
Grâce au frais entretenu par la climatisation intérieure de l’avion, les compagnies évitent une chute de votre tension artérielle, ce qui permet de maintenir une bonne oxygénation du cerveau et de prévenir les malaises liés au manque d’oxygène.
À cela s’ajoute un second phénomène : l’humidité. L’air en cabine descend régulièrement sous les 20 %, un taux plus sec que celui de nombreux déserts, imposé pour limiter la corrosion de la carlingue. Sur une peau exposée à un air aussi sec, la transpiration s’évapore à toute vitesse, ce qui accélère la déshydratation. Refroidir l’air permet de ralentir l’évaporation, tout en évitant que la chaleur dégagée par les centaines de corps entassés dans un tube métallique ne transforme la cabine en sauna.
Si vous êtes du genre frileux, évitez les rangées situées près des issues de secours, où le froid extérieur rayonne intensément à travers le métal des portes moins isolées, ainsi que les hublots, plus proches de la carlingue et donc plus froids. Les offices (cuisines de l’avion), eux, sont carrément les zones les plus glaciales de l’avion, coincés près des portes et truffés de groupes de réfrigération. Ils sont absolument nécessaires sur les longs-courriers pour que l’équipage de bord puisse vous sustenter de bouillies réchauffées au goût de carton, mais ils vous garantissent aussi le privilège de grelotter dès qu’un steward ouvre le compartiment. Alors si votre priorité reste de garder une température corporelle décente plutôt que de humer les effluves des plateau-repas (et des toilettes), fuyez ces sièges comme la peste.
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