Et si votre enfant n’avait plus besoin de traverser la rue pour trouver du travail dans 15-20 ans, pouvant ainsi embrasser la carrière d’homme politique sans avoir reçu la moindre fiche de paie de sa vie. La question de l’importance de l’IA dans notre quotidien est de plus en plus présente, notamment sur ce que cela pourrait changer dans notre travail. Et on ne parle pas tant de son usage abusif dans certains secteurs de métiers, mettant à mal des filières comme le graphisme, que de la notion même de travail.
Selon le milliardaire Vinod Khosla, qui a investi massivement dans OpenAI, d’ici 2040 à 2045, 80% des emplois seront occupés par l’IA, dans n’importe quel domaine, de la médecine à la rédaction (c’est donc l’un de mes derniers articles). Mais loin de la vision pessimiste du grand remplacement que l’on peut habituellement entendre, l’investisseur se veut, comme c’est étonnant, plus rassurant. D’après lui, si le coût de la main-d’œuvre diminue, alors le prix des biens et des services va diminuer, entraînant ainsi un monde où l’autonomisation nous offrira l’abondance et la liberté. La version Wall-E, sans le côté bloqué sur un fauteuil donc.
Travailler n’est plus un besoin, mais une passion
Alors attention, Khosla n’affirme pas que le boulot va disparaître en tant que tel. Il précise que “les gens vont toujours travailler, mais sur les choses sur lesquelles ils veulent travailler, pas parce qu’ils auront besoin de travailler”. C’est la question du besoin, de l’obligation qui tend à disparaître dans les prochaines années. Autrement dit, un enfant de moins de cinq ans aujourd’hui pourrait ne jamais se sentir obligé d’aller au bureau s’il n’en ressent pas l’envie.
Un discours très optimiste partagé par d’autres géants de la tech, y compris Elon Musk qui a avancé que l’argent ne serait bientôt plus que de l’histoire ancienne grâce à l’intelligence artificielle. Sa fortune colossale ne serait donc plus que du papier pour alimenter le feu.
On peut fortement douter de cette affirmation puisque, sans tomber dans le pessimisme, la baisse du prix de la main-d’œuvre n’entraîne pas obligatoirement une baisse des coûts de la vie, mais davantage une occasion pour les entreprises de faire plus de profits. À partir de là, le travail devient toujours une raison de gagner sa vie, une nécessité. Bon, évidemment, quand on est Vinod Khosla et qu’on est milliardaire, difficile de réaliser la “nécessité” de travailler. Et il est bon de rappeler que plusieurs études prouvent que l’IA n’a pas encore significativement changé le secteur de l’emploi au cours de ces trois dernières années, malgré les inquiétudes légitimes. Désolé pour votre enfant qui devra faire comme tout le monde.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.