C’est le nouveau phénomène SF du moment sur Apple TV+. La plateforme à la pomme nous a rarement déçus, et force est d’admettre que Murderbot poursuit la tendance. Sortie le 16 mai 2025, la série, créée par Chris et Paul Weitz, s’inspire du cycle littéraire Journal d’un AssaSynth de Martha Wells, non sans de nombreuses libertés prises sur le texte original.

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La différence est subtile, mais elle mérite d’être soulignée. Dans la série, et bien qu’il soit présenté comme une entité non sexuée, le personnage principal est campé par l’acteur Alexander Skarsgård. Avec sa musculature imposante, et malgré le fait que l’équipage le qualifie souvent de “it” (utilisé pour désigner un objet non genré) dans la version originale, la série ne laisse que très peu de doute sur l’identité de genre de l’androïde renégat.
Dans les romans, les choses ne sont pas aussi binaires. Le héros n’est jamais genré au masculin, puisqu’en dehors de ses monologues internes, les autres personnages utilisent le pronom “iel” pour le désigner. Une subtilité finalement logique, puisque les SecUnits ne possèdent pas d’organes génitaux, ni identité sexuelle. De la même manière, iels sont aussi incapables de ressentir la moindre attirance romantique ou sexuelle.
Une narration éclatée
10 épisodes, c’est long, même s’ils ne durent que 25 minutes. Pour répondre aux besoins d’une adaptation sérielle, Apple TV+ a largement étiré le matériau de base. Là où le premier tome de la série se dévore en moins de deux heures, l’histoire contée par Chris et Paul Weitz prend le temps de s’intéresser aux trajectoires des personnages secondaires, et notamment de l’équipage de Preservation Alliance.
Ce choix structurel impose aussi quelques ajustements : certains passages introspectifs, qui faisaient la force du récit littéraire, sont transposés par des dialogues ou des scènes plus visuelles, ce qui modifie la perception du spectateur sur l’intériorité du personnage. La première liberté concerne la structure narrative. Là où le premier roman, Défaillances systèmes,, se concentre sur une mission précise et adopte une narration à la première personne, la série élargit le cadre, en s’autorisant plusieurs digressions, notamment sur le passé de Gurathin et Mensah.
Un nouveau personnage
La série marque une rupture nette avec le roman lorsqu’elle introduit le personnage de LeBeebee, pour la simple et bonne raison que le personnage n’existe pas (ou du moins pas sous cette forme). Dans les romans, LeBeebee est la fille du docteur Mensah. Apparue dans le cinquième tome des Chroniques d’un AssaSynth, Amena Mensah est une adolescente débrouillarde et curieuse, qui accompagne le personnage principal et joue un rôle-clé dans ses aventures.
Dans la série, LeBeebee existe, mais il apparait assez clairement que le personnage n’a rien à voir avec celui des romans. On peut aussi affirmer sans trop de risques que la jeune femme (qui est une adulte sur la production Apple TV+), ne sera pas présente dans les saisons suivantes, et qu’elle n’a aucun lien de parenté avec Mensah. Les créateurs de la série ont simplement repris son nom, comme un clin d’œil au matériau original.

Donner à voir le monde
Adaptation oblige, Murderbot a dû mettre des images sur l’univers de Martha Wells. Là où les romans laissent une grande place à l’imagination du lecteur, notamment sur l’apparence du SecUnit et la technologie environnante, la série propose une esthétique léchée et des décors futuristes, en prenant une liberté notable sur les textes originaux.
Inutile de crier à l’hérésie : les créateurs Chris et Paul Weitz ont régulièrement échangé avec l’autrice durant la phase d’écriture. Martha Wells intervient sur le projet en tant que consultante, afin de veiller à la cohérence de l’univers et au respect des grandes lignes narratives. Toutes les libertés prises sur le roman ont donc été validées.
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