Expérience Facebook : la Grande-Bretagne va enquêter

Général

Par Elodie le

La révélation de l’expérience psychologique menée par Facebook sur près de 700 000 comptes continue de susciter des réactions. À présent, la Grande-Bretagne compte ouvrir une enquête.

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Passé le trouble de la découverte, l’expérience scientifique pratiquée par Facebook sur la « contagion émotionnelle » fait des vagues. Pour le coup, la contagion émotionnelle est bien là mais pas où la firme de Menlo Park souhaitait la détecter. Manipulation des esprits ? Illégalité de la démarche ? Beaucoup de questions sont soulevées et les autorités commencent à s’interroger sur la légalité d’une telle expérience.

À commencer par le régulateur Information Commissioner’s Office (ICO) qui souhaite désormais savoir si Facebook n’a pas violé la loi protégeant les données personnelles comme le révèle le Financial Times. À cette fin, l’institution compte poser quelques questions à Facebook.

Néanmoins, selon un porte-parole de l’ICO cité par le Financial Times, il est encore trop tôt pour déterminer quelle loi aurait enfreint Facebook. Les conditions d’utilisation de la plateforme précisent que les données personnelles d’un membre peuvent être utilisées à des fins de « recherches » (scientifiques ?). Cependant, ces conditions ont été modifiées a posteriori, 4 mois après le début de l’expérience menée en 2012, comme l’a souligné Forbes .

Les conditions d’utilisations stipulent désormais :

Nous pouvons utiliser les informations que nous recevons à votre sujet pour des opérations internes, dont le dépannage, l’analyse de données, les tests, la recherche et l’amélioration des services.

Encore faut-il prouver le caractère scientifique de telle démarche, la nécessité d’une telle « recherche ». Avec des conditions aussi imprécises, Facebook peut plaider l’expérience scientifique, « l’analyse de données », les « tests » (psychologiques donc), la « recherche » (rayer la mention inutile) pratiqués à des fins de « recherche » justement, d’ « amélioration de services », etc.

Adam Kramer, l’un des trois scientifiques ayant « piloté cette étude », avait d’ailleurs tenu à préciser dans un post sur Facebook que cette dernière avait été menée car la firme se soucie « de l’impact émotionnel de Facebook et des gens qui utilisent [ses] produits ». Ajoutant, « Le but de nos recherches est d’offrir un meilleur service ».

Pour sa défense, un porte-parole de Facebook a précisé :

Il est évident qu’on a mal accepté cette étude et nous en assumons la responsabilité. Nous voulons faire mieux à l’avenir et améliorerons nos procédures à partir de ces réactions. L’étude a été réalisée avec toutes les protections adaptées pour les informations personnelles et nous sommes heureux de répondre à toute question que les régulateurs pourraient formuler.

Voyons si l’effet de « contagion émotionnelle » va gagner d’autres pays…

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