[Leak] Un ancien membre dévoile les noms de 22 000 djihadistes de l’EI

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Par Elodie le

Un djihadiste « désabusé » de l’organisation terroriste État islamique (OEI) aurait livré une série de documents à la chaîne britannique Sky News, dont une liste révélant l’identité de 22 000 membres du mouvement. Cette fuite pourrait avoir une importance cruciale.

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C’est une fuite sans précédent qui pourrait porter un coup majeur à l’organisation de l’État islamique si elle est avérée.

Mardi 9 mars, la chaîne d’information britannique Sky News a révélé être en possession d’une liste contenant les noms de 22 000 membres du mouvement. Une liste qui regorge d’autres informations, comme les noms, adresses et numéros de téléphone des recrues. Ces données proviennent en effet des formulaires remplis par les aspirants djihadistes de 55 pays ayant nouvellement rejoint les rangs de l’OEI. Les recrues doivent répondre à 23 questions allant de leur groupe sanguin, au nom de jeune fille de leur mère en passant par « leur niveau de compréhension de la charia ». Autant d’éléments qui peuvent s’avérer cruciaux pour les autorités compétentes… s’ils sont authentifiés.

Ces documents ont également été remis aux services de renseignement allemands, ce qu’a confirmé le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, qui les a authentifiés.

Des informations essentielles pour les agences de renseignement. En effet, si certains noms étaient déjà connus des autorités, d’autres, qui n’avaient jusqu’ici jamais été repérés, pourraient être démasqués. Ils se situent en Europe, aux États-Unis, Canada, Maghreb ou Moyen-Orient. Sky News précise d’ailleurs qu’elle a « informé les autorités de cette prise ».

Le djihadiste « désabusé » serait un ancien combattant de l’Armée Syrienne Libre ayant rejoint les rangs de l’OEI sous le nom de « Abu Hamed ». Il aurait volé ces données au chef de la police interne de l’OEI et les aurait remises via une clé USB à un journaliste en Turquie. Il justifie sa fuite par « l’effondrement des principes islamiques auxquels il croit » au sein de l’organisation terroriste.

Dans une vidéo diffusée par la chaîne britannique, il témoigne sous couvert d’anonymat : « Cette organisation est une escroquerie, ce n’est pas l’islam». « Si Dieu le veut » ces documents vont permettre de détruire l’EI. « Ces informations doivent évidemment être utilisées. Elles appartiennent à ceux qui combattent l’État islamique », poursuit-il.

Cependant, certains experts doutent de l’authenticité de ces documents. Sur Twitter, Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements djihadistes, relève des incohérences : « Pour les documents des jihadistes de l’#EI, il est question de l’EIIL [ancien nom du mouvement, NDLR] écrit de 2 manières différentes en arabe à droite dans la bannière et entête », précise-t-il. Ajoutant, « Ce n’est ni habituel ni réglementaire, les documents datent au maximum de fin 2014, sachant que le 29 juin le califat remplace l’EIIL. »

Il va même jusqu’à avancer que si « certaines infos sont vraies », « une mise en page a été fabriquée pour vendre l’info chère à différents acheteurs ». Notant que beaucoup d’informations personnelles concernant les djihadistes occidentaux sont disponibles « de sources ouvertes » depuis plusieurs années.

Le chercheur Romain Caillet relève pour sa part qu’un drapeau inhabituel est présent en bas des fiches

Entre autre révélation, l’échappé de l’OEI aurait expliqué que l’organisation avait abandonné son siège de Raqqa pour lui préférer les déserts syriens et enfin l’Irak.

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