[Fiscalité] Netflix ferme ses bureaux en France

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Par Elodie le

Deux ans à peine après son arrivée médiatisée et attendue, le service de vidéo à la demande (SVoD) Netflix ferme ses bureaux en France et transfère son siège parisien aux Pays-Bas.

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Quelle mouche a donc piqué Netflix ? Deux ans après son arrivée triomphale en France, Netflix plie déjà bagages pour d’autres cieux. Ceux beaucoup plus cléments fiscalement des Pays-Bas.

C’est dans la torpeur estivale que Netflix aurait pris la décision de fermer ses bureaux en France, rue de l’Université dans le très chic VIIe arrondissement de Paris, et de trouver un pays à la fiscalité plus avantageuse, rapporte L’Express.

Le départ surprise

L’arrivée de Netflix s’était faite sous l’impulsion de la Ministre de la Culture d’alors, Aurélie Filipetti, qui souhaitait que la firme s’installe en France et participe au financement de la création culturelle.

« S’il veut s’installer en France, Netflix doit se plier aux régulations qui font le succès de nos industries en matière de financement de la création. Netflix ne doit pas être un passager clandestin qui profite du système sans y participer », expliquait-elle alors.

De là était née Marseille, la série made in France avec Gérard Depardieu et Benoit Magimel, dont Netflix a commandé une 2e saison malgré le flot de critiques, reçues aussi bien de la presse que des internautes.

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Trop de régulation ?

Mais lors de son arrivée, Ted Sarandos, responsable des acquisitions contenus chez Netflix, estimait déjà qu’« en France, pour l’instant, le marché est un peu trop régulé ». Après un accord avec les principales sociétés d’auteur, Netflix leur reversait une partie de son chiffre d’affaires et 2 % au CNC, indique Le Figaro.

Bénéficiant de conditions avantageuses, Netflix n’a payé que 600 000 euros d’impôts en France depuis son arrivée. Comme beaucoup d’autres géants du web US, le siège européen de Netflix était situé au Luxembourg, avant d’atterrir aux Pays-Bas en 2015. Netflix n’était donc pas tenu à l’obligation d’avoir 60 % de contenus européens et 40 % de contenus français dans son catalogue, et échappait également déjà à l’impôt sur les sociétés.

Insuffisant pour Netflix. Ses derniers résultats, décevants expliquent-ils ses envies d’économie ? Face à des frais de production toujours plus élevés, Netflix a besoin d’argent frais, notamment pour recruter de nouveaux abonnés. Alors que la plateforme espérait convertir 2 millions d’abonnés supplémentaires, sur les 83,18 millions d’abonnés que la société compte déjà, Netflix n’en a recruté que 1,52 million.