StopCovid : le gouvernement présente enfin son application de « contact tracing »

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Par Felix Gouty le

L’application gouvernementale de suivi des contacts des malades du COVID-19, StopCovid, s’est enfin dévoilée en images. Son lancement fera l’objet d’un débat et d’un vote au Parlement le 27 mai. Si ce dernier est favorable au projet, l’application devrait être lancée dès le 2 juin.

Un smartphone tactile.
Crédits : TeroVesalainen / Pixabay.

StopCovid se dévoile enfin. L’application mobile de « contact tracing », ou traçage numérique, des malades du COVID-19 lancée par le gouvernement français est prête. Elle s’est en effet dévoilée hier avec la publication d’un dossier de presse officiel du gouvernement (voir ci-dessous). Celui-ci précède le débat, plusieurs fois reporté ces dernières semaines, au Parlement ce mercredi 27 mai. Si le vote des parlementaires est positif, l’application devrait, a priori, voir le jour le mardi 2 juin sur Android et iOS (comme voulu par le gouvernement). D’ici là, le secrétaire d’État au numérique, Cédric O, souligne qu’il est « indispensable (de gagner la) bataille de la conviction et de l’adoption: plus l’application sera installée, mieux elle nous protègera. » Pour rappel, StopCovid a pour but d’accélérer le système de suivi des contacts rapprochés d’un malade du coronavirus du COVID-19 et ainsi d’identifier les potentiels contaminés avant qu’ils ne propagent la maladie à leur tour. Selon le gouvernement, cette méthode numérique est « plus que jamais essentielle » et constitue « le seul moyen de prévenir (ce processus) dans des situations de forte densité. »

Crédits : Thomas Jaussoin (Lunabee Studio SAS).

Depuis la présentation des premières précisions de son fonctionnement et du système informatique sur lequel il se base (le protocole ROBERT, ou « ROBust and privacy-presERving proximity Tracing », créé par les chercheurs de l’Inria), peu de choses semblent avoir été modifiées. Le communiqué du gouvernement insiste néanmoins sur un nouveau détail de taille. Lorsque deux téléphones munis de l’application StopCovid se croisent, il leur faut rester plus de 15 minutes à moins d’un mètre de distance pour garantir l’échange des pseudonymes (crypto-identifiants éphémères). Ce sera ensuite grâce à ce partage anonyme que les utilisateurs pourront être informés du fait d’avoir croisé un malade du COVID-19 – associé à l’un de ces pseudonymes, même ultérieurement. Autrement dit, l’appli risque réellement de ne fonctionner que dans des rassemblements en cercle fermé, des trajets de (relative) longue durée dans les transports et une attente prolongée en caisse de certains magasins. Il est aussi à noter que le gouvernement assure que « tous les crypto-identifiants n’ayant plus de pertinence d’un point de vue épidémiologique seront régulièrement supprimés (au bout de 15 jours) » – en référence à la durée moyenne d’incubation du virus. Le communiqué ne fait cependant pas état des barrières technologiques présentées par les smartphones d’Apple (notamment, la désactivation du Bluetooth des applications en arrière-plan).

StopCovid vs. Apple-Google

La semaine dernière, Apple et Google ont délivré la version finale de leur API commune destinée à servir de modèle à des applications de « contact tracing » à travers le monde. Le gouvernement français ne profite pas de cette technologie et n’a pas hésité à en faire part dans son communiqué officiel : « la solution Apple Google n’est pas jugée apporter, à date, des garanties suffisantes en matière de respect de la vie privée et de protection des données de santé. » En effet, selon lui, le système décentralisé privilégié par le duo Apple-Google – où toutes les informations sont partagées seulement entre les smartphone des utilisateurs et ne passe jamais par un serveur central, en principe, sécurisé – présenterait des « risques de faille (et) d’attaques informatiques » trop importants. « Cela revient à dire qu’un diagnostic médical, même sous une forme encryptée, circule dans toutes les applications », estiment les experts français dans le communiqué. Par ailleurs, le gouvernement avoue aussi suivre la recommandation du Conseil national du numérique concernant l’importance de conserver une « souveraineté numérique » : « la protection de la santé des Français est une mission qui relève exclusivement de l’État et non d’acteurs privés internationaux. »

La CNIL renouvelle son feu vert

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a enfin profité de cette présentation finale du projet pour délivrer un dernier avis avant le vote parlementaire du 27 mai. Dans son propre communiqué, la CNIL affirme « constater que ses principales recommandations ont été prises en compte et estime ainsi que ce dispositif temporaire, basé sur le volontariat, peut légalement être mis en œuvre. » Elle dit estimer, néanmoins, que « l’utilité réelle du dispositif devra être plus précisément étudiée après son lancement. » 

La CNIL préconise ainsi plusieurs choses après l’éventuel lancement de l’application. D’une part, elle insiste sur le fait que « la durée de mise en œuvre du dispositif », censé être temporaire et seulement relatif à la crise sanitaire actuelle, devra être « conditionnée (selon les résultats d’une) évaluation régulière. » D’autre part, elle prône une transparence accrue de l’application pour les utilisateurs mineurs et leurs parents. Enfin, elle souhaiterait que le dispositif présente explicitement la possibilité d’exercer un droit d’opposition et d’effacement des données à n’importe quel moment.

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