L’application des gendarmes GendNotes suscite la polémique

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Par Remi Lou le

L’application GendNotes, utilisée par les gendarmes depuis février dans le but de remplacer le calepin, suscite bien des inquiétudes. Une ONG et une association viennent de déposer un recours devant le Conseil d’État afin d’interrompre son utilisation.

Crédits : @LoboStudioHamburg via Pixabay

Depuis le 20 février 2020, les gendarmes ont délaissé le traditionnel carnet pour consigner leur travail d’enquête sur une application baptisée GendNotes. Celle-ci, réservée aux forces de l’ordre, disponible pour installation sur les appareils des gendarmes, se présente comme « une version informatique du carnet manuscrit », en permettant aux gendarmes de récolter des informations sur site et de les récupérer dans le logiciel de rédaction de procédure LRPGN à leur retour dans l’unité. Malgré son côté pratique, l’application est loin de faire l’unanimité. En février, à son arrivée, certains craignaient qu’elle n’induise un « fichage politique ». Le 2 juin, ces craintes se sont matérialisées en recours auprès du Conseil d’État par l’ONG Internet Society France et l’association Homosexualités et Socialisme (HES). Tous deux dénoncent l’utilisation abusive de l’application, et notamment les données que peuvent reporter les gendarmes via celle-ci, telles que « l’opinion politique, l’appartenance à un syndicat ou encore l’orientation sexuelle », affirme le président d’Internet Society France. Quant à HES, le président de l’association met en garde : « Qui peut dire ce que feraient de ce fichier des élus tentés de discriminer les LGBT ? », alerte-t-il dans les colonnes du Figaro.

Le principal point noir évoqué par Internet Society France et HES reste la mise en place d’un « fichage » ethnique et politique de la population. Ils dénoncent notamment les capacités d’interconnexion de l’application, permettant ainsi aux forces de l’ordre et même aux autorités, comme les maires, d’y avoir accès. Le risque reste bien évidemment la possibilité laissé aux autorités d’utiliser ces données à mauvais escient. Pourtant, le décret signé par le Premier ministre, Edouard Philippe, en début d’année et précisant la mise en place de cette solution a bel et bien été soumis et validé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Celle-ci avait néanmoins pris « acte des garanties apportées par le ministère, à savoir que les informations enregistrées ne pourront pas alimenter d’autres traitements et qu’elles seront uniquement accessibles via l’application. »