Face à un afflux massif de petits colis en provenance de Chine et d’autres pays hors Union européenne, les États membres européens ont décidé d’accélérer la mise en place d’une règlementation plus stricte. L’idée n’est pas nouvelle : un malus sur les colis en provenance de Chine est déjà évoqué depuis plusieurs années. Initialement prévue pour 2028, cette mesure pourrait être appliquée dès début 2026, avec à la clef un prélèvement de quelques euros par colis, dont la valeur déclarée est inférieure à 150€. Après le scandale Shein et l’accélération des contrôles sur les plateformes d’e-commerce, l’Europe refuse d’attendre plus longtemps pour serrer la vis.
Une taxe de 2€ par petit colis
Du côté français, le gouvernement soutient fermement cette taxe forfaitaire, envisagée à hauteur de 2€ par colis. Plusieurs raisons sont évoquées : d’abord, il s’agit de rétablir une concurrence plus équitable en décourageant les acteurs chinois de sous-évaluer la valeur des produits qu’ils exportent vers l’Europe, fragilisant de facto les entreprises européennes soumises à des règles fiscales plus strictes. Ensuite, cette taxe vise à freiner l’explosion des volumes de colis à bas coût, qui doublent chaque année et saturent les services de douane ainsi que les infrastructures logistiques. Aujourd’hui, Shein et Temu représentent à eux seuls 22% du volume de colis total géré par La Poste.
L’effet dissuasif pourrait entraîner une baisse de l’ordre de 60% du volume des petits colis importés. Par ailleurs, le bénéfice généré par cette nouvelle taxe pourrait rapporter entre 500 et 600 millions d’euros à l’État français. Un bonus financier non négligeable au moment où le gouvernement cherche à réduire son déficit budgétaire. De quoi transformer durablement le paysage postal.
Vers une harmonisation européenne dès 2026
L’enjeu important de cette mesure réside dans la nécessité d’une coordination européenne. Les importateurs et plateformes chinoises pourraient chercher à contourner la taxe en redirigeant leur logistique vers des pays tiers européens comme la Belgique ou les Pays-Bas, avant d’acheminer les colis vers la France. Pour éviter ce scénario, la Commission européenne travaille à une harmonisation sur l’ensemble des États membres, afin de garantir une imposition cohérente pour tous.
Cette anticipation de la taxe sur les petits colis s’accompagne d’une réflexion plus large sur la régulation des plateformes en ligne, notamment à propos des risques sanitaires, de sécurité et de conformité des produits importés en masse. Près de 96% des articles vendus sur ces plateformes ne respecteraient pas totalement les normes européennes, ce qui soulève des questions de protection des consommateurs, un sujet au cœur du débat européen.
L’adoption rapide de cette taxe témoigne aussi d’une volonté européenne de durcir la régulation face à la déferlante des plateformes en ligne, perçues comme une menace pour l’économie locale et la sécurité des consommateurs. À l’heure ou de nouveaux acteurs émergent, il va falloir créer un cadre légal clair pour ne léser personne.
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