Pendant quatre jours, le cinéma va coûter beaucoup moins cher qu’à l’accoutumée. Pour lancer la saison estivale, la Fédération nationale des cinémas français signe le retour de son historique “Fête du cinéma”, un rendez-vous avec les salles obscures au tarif préférentiel de 5 euros. Inaugurée en 1985, l’opération promotionnelle à pour vocation d’encourager les spectateurs occasionnels à venir découvrir les meilleurs films du moment sur le grand écran. Elle a lieu cette année entre le 28 juin et le 1er juillet, quatre jours au rythme du 7e art.
Si l’année 2025 avait enregistré un recul de 35,5% par rapport à l’édition 2024, l’industrie espère que la programmation 2026 sera de nature à favoriser un regain d’intérêt du public. Il faut dire que les arguments ne manquent pas en ce début d’été; avec de l’animation pour la famille, des blockbusters pour les plus grands et de jolies trouvailles.
Backrooms – horreur
Quoi de mieux pour se rafraîchir qu’une bonne dose d’horreur. Les amateurs du genre sont gâtés en ce mois de juin avec la sortie de deux phénomènes. Du haut de ses 21 ans, Kane Parsons fait l’événement. Le créateur de contenu et réalisateur s’associe à A24 pour exploiter un meme sur les réseaux sociaux : les backrooms. Avec ses lieux étrangement vides, le cinéaste réinvente l’effroi. L’histoire suit le gérant d’un magasin de meubles qui découvre qu’un monde effrayant se cache derrière une porte située dans ses locaux.
Notre critique : “Backrooms est bien le film original, dérangeant et atypique que l’on pensait trouver et voir en se rendant au cinéma. Le projet de Kane Parsons est d’une beauté assez époustouflante, avec une maitrise de l’espace plus que notable”. À l’heure où nous écrivons ses lignes, Backrooms a déjà généré 256 millions de dollars pour un budget de 10 millions. Une opération particulièrement rentable pour A24, c’est même son plus gros succès à ce jour.
Scary Movie – comédie horreur
Une icône des années 2000 est de retour. Scary Movie a redéfini le genre de la parodie en s’emparant de tous les éléments visuels et ressorts du film d’horreur pour les détourner. La franchise la plus célèbre du lot est sans aucun doute Scream, Ghost Face étant le héros de cette aventure aussi loufoque que drôle. Scary Movie 6, rebaptisé Scary Movie, entendait retrouver le même sens de la blague bien sentie tout en s’adressant à une nouvelle génération de spectateur. Pari gagnant ?
Notre critique : “On était hypé et inquiet du retour de Scary Movie au cinéma. Hypé car c’est tout de même un nom qui fait résonner de bons souvenirs de franche rigolade qui fait son comeback en salles. Et inquiet parce que l’humour d’hier n’est pas forcément celui qui fait mouche et l’unanimité aujourd’hui. Mais les frères Wayans, de retour à l’écriture et pour deux d’entre eux (Shawn et Marlon) devant la caméra, ont démontré qu’ils n’avaient pas perdu la main”.
Jim Queen – animation adulte
Bobbypills, studio derrière les Kassos et Peepoodo se lance à l’assaut du cinéma. Le studio d’animation donne encore dans la comédie loufoque avec l’histoire d’une icône sexy de la scène gay parisienne. Jim voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels. Tout le monde lui tourne le dos à l’exception de son admirateur Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité…
Notre critique : “Bobbypills signe un premier long métrage qui n’a rien d’un galop d’essai. Jim Queen est drôle, politique, documenté et visuellement impeccable. On chipote sur un rythme qui accuse le coup dans son dernier tiers, mais on ressort de la salle avec l’envie d’en parler à tout le monde. C’est d’ailleurs ce qu’on a fait”.
Disclosure Day – science-fiction
Quand Steven Spielberg donne dans la science-fiction, c’est forcément un événement à ne pas manquer. Le réalisateur n’avait pas tenté l’expérience depuis Ready Player One et il abandonne cette fois les univers artificiels pour explorer la réalité, la réalité d’un monde qui s’apprête à découvrir qu’il n’est pas seul dans l’univers. Quand l’expert en cybersécurité Daniel Kellner vole des documents compromettants avec la ferme intention de les montrer à l’humanité, l’organisation pour laquelle il travaillait se lance à sa poursuite. Toute vérité est-elle bonne à prendre ?
Notre critique : “À la science-fiction angoissante et fataliste, Steven Spielberg préfère l’optimisme à toute épreuve. Disclosure Day apparaît souvent à contre-courant, ne réussit pas toujours ses effets (surtout dans un deuxième acte plus faible) mais se sauve grâce à une conclusion émouvante. Le cœur de son cinéma reste l’émotion, il le prouve à nouveau grâce à son talent pour emmener le spectateur. Oui, on a pleuré…”
Supergirl – dès le 1er juillet
Un an après le retour de Clark Kent, DC consacre un film à sa cousine. Sous l’égide de Craig Gillespie, Supergirl adapte “Woman of Tomorrow” de Tom King et entend raconter la manière dont la Kryptonienne trouve sa place dans une galaxie où elle évolue sans les siens. Kara Zor-El fait équipe à contrecœur avec un improbable compagnon et s’engage dans un périple intergalactique en quête de vengeance et de justice.
Notre critique : “Lisez Supergirl : Woman of Tomorrow de Tom King et Bilquis Evely. Voilà ce qu’il faut retenir de ce Supergirl signé par Craig Gillespie (ou par James Gunn, le doute subsiste), un guide de 108 minutes pour savoir comment rater une adaptation ET un film malgré les efforts de son actrice principale. Le comics coûte 22,5€, soit 3€ de moins qu’une séance en Dolby Cinema”
Toy Story 5 – Animation pour la famille
Après le succès de Jumpers, Pixar revient à ses licences emblématiques. Le succès de Toy Story 4 en 2019, qui avait dépassé le milliard de dollars, a convaincu la firme aux grandes oreilles que son histoire de jouet n’était pas tout à fait terminée. Dans ce nouveau volet, la lampe bondissante s’attaque aux jouets électroniques, fait le pari d’interroger l’avenir du divertissement pour les enfants.
Notre critique : “Dès les premières minutes, la magie Toy Story prend le dessus, qui plus est dans une thématique totalement actuelle. Le film est touchant, drôle, fait passer ses messages sans pour autant être barbant ou trop moralisateur.
Une piqûre de rappel qui fait du bien à tout le monde, parents comme enfants, sur le sens du divertissement et la vraie nature d’une amitié. Pas le meilleur de la saga, mais très bien placé, c’est certain.”
Des Minions et des monstres – animation pour la famille
Illumination retrouve ses petits hommes jaunes pour un troisième opus de la saga, qui n’en est finalement pas vraiment un. Exit les méchants, cette fois-ci, ceux qui sont amenés à devenir les acolytes de Gru partent à l’assaut d’Hollywood. Ils vont au passage libérer une bande de monstres déchaînés, avant de s’unir pour sauver la planète de ce nouveau désastre.
Notre critique : “Des Minions et des Monstres est le film le plus léger de toute la franchise. Plus coloré, plus enfantin et surtout moins ambitieux dans son écriture, ce nouveau spin-off est conçu comme un énorme terrain de jeu Illumination.
Difficile toutefois de ne pas avoir l’impression que cette saga commence doucement à étirer son concept. Mais est-ce qu’on boude notre plaisir de voir les petites créatures se disputer en racontant n’importe quoi ? Évidemment que non”
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