« Mission accomplie » pour Edward Snowden

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Par Elodie le

Dans sa première interview accordée depuis juin et son arrivée en Russie, Edward Snowden ne fait preuve d’aucun regret, bien au contraire, quelles qu’aient pu être les conséquences de ses révélations sur la NSA, il juge que sa « mission est accomplie ».

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Barton Gellman / Pour The Washington Post

Pour moi, en terme de satisfaction personnelle, la mission est déjà accomplie

Tels sont les mots d’Edward Snowden dans une interview fleuve accordée au Washington Post dont le journaliste explique qu’elle a duré près de 14 heures sur deux jours. Comme l’affirme le jeune exilé américain, ses révélations concernant le service d’espionnage à grande échelle de la NSA n’avaient pas pour but de la détruire et de changer la société mais de donner à cette dernière toutes les cartes pour décider de son avenir. En cela, il considère son but atteint

J’ai déjà gagné. Dès que les journalistes ont pu travailler, tout ce que j’ai tenté de faire a été validé. Parce que, souvenez-vous, je ne voulais pas changer la société. Je voulais donner à la société une occasion de décider si elle voulait se changer elle-même. […]Tout ce que je voulais, c’est que le public ait son mot à dire sur la façon dont il est gouverné.

Ajoutant à l’attention de ses anciens employeurs

Je n’essaie pas d’abattre la NSA, je travaille pour améliorer la NSA. Et je travaille toujours pour la NSA actuellement. Ce sont les seuls à ne pas le réaliser

En effet, la NSA doit certainement faire preuve d’un tout autre pragmatisme au vu des conséquences et polémiques en série que ses révélations ont engendré à travers le monde : des jeux vidéos dont WoW, adresses email, aux mastodontes Yahoo! et Google, de l’Allemagne qui s’est dite choquée en apprenant l’espionnage de sa chancelière, aux Français outrés avant de faire profil bas pris la main dans le pot de confiture, aux Britanniques gênés aux entournures, les révélations faisant d’eux les complices des USA dans leurs grandes manœuvres d’espionnage sur leurs propres citoyens, aux différents leaders mondiaux victimes de l’espionnage de la NSA, les révélations se suivent et ne se ressemblent pas mais donnent le tournis. Il n’y a que la Russie et Poutine pour rendrent grâce à la NSA pour son espionnage et à Snowden en lui offrant l’asile…

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Considéré par certains comme un traitre, par d’autres comme un whistleblower, Edward Snowden considère tout simplement que « quelqu’un devait être le premier » faisant fi de cette « peur égoïste » suscitée par son entreprise de vérité et qu’il n’a en aucun cas trahi son serment, le « Standard Form 311 », engagement sur l’honneur signé par tous ceux ayant accès à des documents top secret américains. Il balaie cette accusation d’une main

C’est un serment d’allégeance, pas un engagement au secret. J’ai prêté serment à la Constitution américaine. Je ne l’ai pas trahie contrairement à Keith Alexander et James Clapper. [directeurs de la NSA et du renseignement américain, ndlr]

Il en profite pour stopper tout fantasme faisant de lui un espion à la botte de l’ogre rouge, il nie ainsi avoir transmis des informations à la Chine où il se trouvait lors des premières révélations et à la Russie qui lui a accordé l’asile.

Quoiqu’il en soit, depuis ces révélations beaucoup de citoyens semblent avoir pris la mesure du contrôle et de l’espionnage qui pouvaient s’exercer sur eux, par ailleurs les États-Unis sont en pleine réflexion sur le rôle de la NSA, Obama devant notamment prononcer un discours sur la politique sécuritaire en janvier. La France quant à elle fait le chemin inverse et vient de voter la Loi de programmation militaire que nombre considèrent comme un PRISM à la française.

Le mystère demeure toujours concernant le volume des révélations restantes dans les cartons de Snowden, de même que l’endroit où elles sont conservées. Moscou n’ayant jamais été sa destination finale, Edward Snowden a proposé ses services au Brésil afin de l’aider à lutter contre la surveillance de la NSA. Le Brésil ne lui a pas encore ouvert les bras.