L’avenir de Twitter se jouera peut-être demain

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Par Elodie le

Après 10 années d’existence, la plateforme de microblogging est devenue un acteur incontournable de la toile sans jamais avoir réalisé le moindre bénéfice. Jeudi, le conseil d’administration se réunit, « toutes les options » sont sur la table, y compris celle d’une cession pure et simple de Twitter.

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C’est demain que l’avenir de Twitter pourrait se jouer. Le conseil d’administration doit en effet décider de son sort : nouveau plan de restructuration, cession de tout ou partie des actifs, actionnaire activiste prenant le contrôle, l’heure est désormais au bilan.

Le 21 mars dernier, Twitter fêtait ses 10 ans, sans tambours ni trompette. Il faut dire que la plateforme patine et n’a pas réussi à dégager le moindre bénéfice depuis sa création, ce qui bloque son développement et donc sa croissance.

Twitter stagne, ses concurrents s’envolent

À l’inverse, ses concurrents engrangent des sommes astronomiques et jouissent d’un succès insolent alors que Twitter en est toujours à chercher la formule magique qui lui permettra de recruter de nouveaux abonnés pour monétiser une audience encore (et toujours) de niche. La plateforme stagne ainsi à 320 millions d’utilisateurs actifs par mois, à des années lumières des 1,5 milliard de Facebook.

Si Twitter a bien réussi un pari, c’est celui de devenir LA plateforme de référence des acteurs du monde de l’information et de la communication (acteurs, personnalités et célébrités compris). La belle affaire !

Pour espérer atteindre le Graal, des revenus publicitaires qui se ramassent à la pelle, encore faut-il bénéficier d’une audience élargie, grand public et surtout jeune. Autrement dit, une audience « annonceur-compatible », à l’instar de celle de Snapchat et Instagram, filiale de Facebook.

L’effet Dorsey n’a pas eu lieu

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Jack Dorsey, CEO et co-fondateur de Twitter

Le retour de Jack Dorsey, co-fondateur du Twitter, aux manettes il y a bientôt un an devait permettre à l’enfant prodige de redresser la barre d’un bateau ivre.

Las, après un vaste plan de restructuration, 336 licenciements (8 % des effectifs), le départ de plusieurs têtes dirigeantes et malgré le développement de la plateforme pour la rendre plus simple, intuitive et rentable (publicité avec les vidéos en auto-play, intégration de Periscope, Moments, arrivée des likes, GIF, emojis, stickers, mise en avant de la messagerie – les fameux DM –, timeline algorithmique, vidéos et Vine plus longs, mais toujours trop courts à l’heure de YouTube et Facebook, etc.), sa croissance est à l’arrêt et Twitter enchaîne les mauvais résultats financiers.

Selon Re/code, le conseil d’administration n’exclut aucune option, pas même son avenir en tant que société autonome.

Twitter, la plateforme qui valait 17 milliards ?

Pourtant, le potentiel du réseau social est phénoménal et ses 320 millions d’utilisateurs représentent un boulevard de croissance pour n’importe quel éventuel repreneur. Mais le défi peut en refroidir plus d’un, d’autant que Twitter vaudrait aujourd’hui quelque 17 milliards de dollars, si on opère le même calcul qui a été fait pour le rachat de LinkedIn par Microsoft pour 26,2 milliards de dollars

Des rumeurs de rachat ont déjà émaillé l’histoire de la plateforme, dont Google en 2015, qui pourrait à nouveau se montrer intéressé, tout comme Apple ou le magnat Rupert Murdoch via 21st Century Fox ou News Corp.

La vente de Twitter dans la balance

Ces nouvelles rumeurs ne sont-elles pas juste un moyen de manipuler les cordons de la Bourse, comme le suggère Re/code ? L’éventualité d’un rachat a toujours fait remonter le cours du titre et la semaine dernière, les déclarations d’Evan Williams, co-fondateur et membre du conseil d’administration, expliquant à Bloomberg que ce dernier étudierait « toutes les options » pour le groupe, y compris « la fusion ou la vente », a fait bondir le titre de 6 %.

Parmi les autres options, celles d’un fonds activiste qui s’incrusterait à la fête et/ou encore d’un nouveau plan de licenciement ne sont pas exclues.