Molotov TV : jeune société de SVOD recherche investisseurs désespérément

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Par Elodie le

Acteur récent sur le marché de la SVoD dont les ressources s’épuisent, et déjà concurrencé par l’arrivée prochaine de Salto, l’offre commune des chaines TF1, M6 et France Télévision, la start-up Molotov TV a peut-être trouvé la parade pour se tirer d’affaire : se faire racheter. Plusieurs opérateurs seraient sur les rangs, dont Orange.

Fenêtre sur cour

Le 15 juin dernier, à l’annonce de la création de Salto, plateforme de SVoD commune à TF1, M6 et France TV proposant une offre légale à même de faire barrage à Netflix, l’avenir de Molotv se trouvait en suspens.

En effet, Salto propose « de retrouver tous les meilleurs programmes de télévisions (le direct et le rattrapage), mais aussi de découvrir des programmes inédits ». Services déjà à la carte de Molotov.tv, plateforme sur laquelle l’utilisateur a accès à l’ensemble des chaines françaises, mais aussi à certaines séries diffusées sur OCS, comme Game of Thrones et Westworld.

Si des discussions avec la start-up créée par Jean-David Blanc (actionnaire à 39,93%) ont bien eu lieu en amont de la création de Salto, elles n’ont pas abouti. D’après BFM Business, Molotov demande une valorisation de près de 100 millions d’euros, une somme qui a refroidi les ardeurs de TF1, M6 et France TV, alors qu’elle avoisinerait la dernière levée de fonds opérée en 2016.

Des finances limitées

En mars dernier, Molotov lançait dans une nouvelle levée de fonds censée rapporter jusqu’à 50 millions d’euros. Levée de fonds qui semble s’être révélée infructueuse puisque Molotov tente désormais d’attirer de nouveaux investisseurs dans ses filets pour poursuivre son développement.

Le lancement de Molotov TV a été un succès, la plateforme compte aujourd’hui 5,5 millions d’utilisateurs réguliers, dont 2,5 millions par mois et 500 000 tous les jours. Néanmoins, Molotov est un service majoritairement gratuit, la plateforme tire ses revenus des services payants, comme l’enregistrement des émissions ou l’accès à des chaines thématiques. Or, Molotov ne peut s’appuyer que sur 6 000 à 7 000 abonnés premium, selon L’Opinion, quand il lui en faudrait de 500 000 à 700 000 pour atteindre l’équilibre. Molotov de son côté n’a pas confirmé ses chiffres

L’option Orange

Son pécule amassé en 2016 commence à fondre comme neige au soleil, il s’agit de chercher de nouveaux investisseurs. L’idée d’acquérir la plateforme intéresserait plusieurs opérateurs, dont Orange. Molotov diffuse déjà la chaîne OCS, détenue majoritairement par Orange, et dans laquelle Canal + est actionnaire à hauteur de 33,3 %. Si l’option Bolloré peut paraître évidente, les relations entre les deux entités seraient « exécrables », « la chaîne cryptée refuse notamment d’être commercialisée par Molotov », précise BFM Business. Ambiance.

Dans ce secteur ultra concurrentiel, largement dominé par Netflix (3,5 millions d’abonnés en France), les alliances se font et se défont… ou ne se feront peut-être jamais. Mais les appétits se creusent. Si les principaux opérateurs ont bataillé fermes, notamment avec TF1, pour la reconduction de leur droit de diffusion, Molotov a également vu sa facture augmenter pour proposer le replay à ses utilisateurs.

Une concurrence (trop ?) féroce

En outre, M6 exigerait désormais de voir figurer ses chaînes dans le bouquet payant de Molotov, ce qu’a refusé la plateforme, reprenant à son compte les arguments formulés par les opérateurs lors de leurs propres négociations.

Ensuite, début juin, le monde de la SVoD bruissait des rumeurs selon lesquelles Orange et SFR réfléchissaient à faire alliance commune pour faire barrage à Netflix en fusionnant OCS avec Altice Studio. Avec ce deal, OCS bénéficierait alors d’un catalogue suffisamment ambitieux pour rivaliser avec le mastodonte qu’est devenu Netflix. Mais les dernières initiatives du groupe dans les médias font douter le PDG d’Orange Stéphane Richard pour qui « la grande stratégie de convergence d’Altice a du plomb dans l’aile ». Et pour ne rien arranger, Salto a fait son entrée en scène. Le temps se gâte pour Molotov.