Dossier

Ready Player One : Du roman au cinéma, les différences entre les deux œuvres

La pop culture et l'Oasis

Cinéma

Par Julien Paillet le

La pop culture et ses références

Premier changement notable entre les deux œuvres, les références à la culture populaire. Si dans le roman d’Ernest Cline on peut retrouver de nombreuses citations aux jeux vidéo et au cinéma, le film de Spielberg n’utilise pas forcément les mêmes.

Le X-Wing (les avions de chasse futuriste dans Star Wars) piloté par Wade dans le roman est ainsi remplacé dans le film par la voiture de Retour vers le futur, la DeLorean. La véhicule reste malgré tout présent chez Cline. On apprend d’ailleurs qu’il a été gagné sur la planète Zemeckis (le nom du réalisateur de Retour vers le futur) grâce à une quête ayant pour thème la célèbre trilogie.

Mais l’un des plus gros changements concerne le robot utilisé par Parzival lors de l’affrontement final. Le Leopardon auquel à recours le jeune homme se voit effectivement échangé contre le Géant de fer, le héros du film éponyme réalisé par Brad Bird (Mission Impossible 4, Tomorrowland) en 1999. Un remaniement qui rend hommage au créateur des Indestructibles. Le même qui citait E.T et les productions Amblin dans son sublime dessin animé. Un logique renvoi aussi sincère que méta.

Pourtant, de l’oeuvre d’origine à son adaptation cinématographique, de nombreuses figures cultes restent inchangées. Le Mechagodzilla qu’utilise Sorrento, le méchant du film, lors du climax imaginé par Ernest Cline est toujours présent chez Spielberg. On peut aussi y voir le RX-78 Gundam se joindre à la grande bataille finale.

L’OASIS et le monde réel

Un changement drastique s’opère sur la place accordée aux deux mondes. Très bien équilibrée dans les deux médias, une première modification se situe cependant dans l’exposition de l’OASIS. Ernest Cline fait vivre son univers à la manière d’un Poudlard virtuel où Wade/Parzival suit des cours sur Ludus, une planète regroupant tous les établissements scolaires en ligne. Dans le film, les vingt premières minutes éludent toute cette partie. À la place, c’est une voix off qui nous présente les différentes fonctionnalités de la création de James Halliday. Jusqu’à démarrer véritablement le récit par la première épreuve de la chasse au trésor.

Les conséquences entre monde réel et virtuel sont également différentes. Si la tante de Wade meurt dans les mêmes circonstances que dans le livre, on ne trouve pas, en revanche, la mort de Daito. Ce fait marquant du roman permettait d’amplifier l’aspect dramatique et cruel des actions de Sorrento. L’absence de ce passage dans le film peut néanmoins facilement expliquer.

D’une durée de seulement deux heures et vingt minutes (un format relativement court par rapport à la densité de l’oeuvre littéraire), le métrage ne développe sans doute pas suffisamment le personnage japonais pour lui offrir une finalité aussi radicale. L’épargner revient dès lors, non pas à rendre le récit plus lissé, mais à conserver une certaine cohérence émotionnelle.