Critiqué pour sa politique de modération, Twitter donne le change sur le terrorisme

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Par Elodie le

Vertement critiqué cette semaine pour sa promptitude à supprimer les images des JO protégées par le droit d’auteur, tout en laissant prospérer les propos haineux sur sa plateforme, Twitter tente de donner le change et assure avoir supprimé 235 000 comptes de propagande terroriste en 6 mois.

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Régulièrement taxé de laxisme, Twitter entend bien prouver le contraire. Dans un billet de blog publié jeudi 18 août, la plateforme annonce avoir suspendu 235 000 comptes de propagande terroriste en seulement 6 mois afin de combattre « l’extrémisme violent ». Plus tôt cette année, Twitter indiquait avoir suspendu quelque 125 000 comptes depuis l’été 2015, soit 360 000 comptes en tout.

« Les suspensions quotidiennes ont augmenté de 80 % depuis 2015, avec des pics immédiats après les attaques terroristes », se félicite ainsi l’entreprise.

Un laxisme décrié

Selon la Maison Blanche, ces efforts, conjugués à ceux des gouvernements français et américains, auraient fait chuter le trafic de l’organisation terroriste État islamique de 45 % sur Twitter au cours des deux dernières années.
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« Notre temps de réponse pour suspendre les comptes signalés, le temps d’existence de ces comptes sur Twitter ainsi que le nombre d’abonnés qu’ils accumulent ont tous considérablement diminué. »

Une déclaration qui devrait satisfaire la Commission européenne avec qui Twitter, mais aussi Facebook, YouTube (Google) et Microsoft, ont signé un code de bonne conduite. L’examen, en moins de 24 heures, de la majorité des signalements et, s’il y a lieu, la suppression des contenus visés, faisant partie des engagements de la charte.

Le sens du timing

Cette annonce arrive au bon moment pour Twitter, très critiqué cette semaine sur sa modération a posteriori. De nombreux utilisateurs ont ainsi dénoncé la suppression de comptes relayant des images de JO de Rio pour violation du droit d’auteur, quand les propos haineux ou les tweets de propagande terroriste continuent de pulluler sur la plateforme.

Twitter le reconnait cependant, « il n’y a pas d’algorithme magique » pour identifier le contenu terroriste, quand une violation du droit d’auteur ou une image pédopornographique est facilement identifiable.

Une propagande terroriste bien difficile à identifier

Et c’est bien là que se joue une grande partie du problème : comment déterminer ce qui relève de la propagande terroriste, d’une simple provocation enrobée de stupidité, des déclarations d’un faible d’esprit ou du propos illuminé ? En France, pourtant à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme, aucune définition ne vient préciser ce qu’est une apologie du terrorisme. Alors qu’une loi existe pour la punir

Le premier amendement de la Constitution américaine protégeant la liberté d’expression est gravé dans le marbre outre-Atlantique, Twitter, comme nombre de ses homologues de la Silicon Valley, a une démarche très libérale sur le sujet et doit donc composer.

Pas « d’algorithme magique »

La firme précise toutefois se reposer sur « d’autres formes de technologie, comme des outils de lutte anti-spams » afin de repérer plus facilement les comptes abusifs. « Nous nous sommes aussi améliorés pour compliquer la possibilité pour les personnes suspendues de revenir immédiatement sur la plate-forme. »

De nouveaux outils de censure automatique pour les géants du web

Ainsi, au cours des six derniers mois, ces outils auraient permis à Twitter « d’identifier automatiquement » plus d’un tiers des comptes finalement suspendus pour propagande terroriste.

Une censure automatique qui fait écho à celle opérée, dans la plus grande discrétion, par Facebook et Google depuis quelques mois. Mais aucune information n’a cependant filtré sur la technologie qui se cache derrière ces nouveaux outils.

Twitter annonce en outre poursuivre ses différents partenariats avec des organisations non gouvernementales pour lutter contre l’extrémisme, tout en continuant sa collaboration avec les autorités gouvernementales, notamment dans le cadre des requêtes qui lui sont envoyées et dénombrées dans son rapport de transparence annuel.

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