Dossier

[On joue à des jeux de société – épisode 18] Mon royaume pour un bon jeu

culture geek

Par Feel le

Devant l’offre pléthorique du marché actuel, nous avons décidé de présenter chaque fois plusieurs jeux ayant un thème commun. Et nous commençons aujourd’hui avec des jeux de gestion de royaumes. Familial, expert ou en dehors des cases, nul doute que vous allez trouver chaussure à votre pied avec cette sélection… même si vous n’avez rien d’une princesse.

Paper Tales : La légende du royaume

Fiche d’identité

Auteur : Masato Uesugi

Illustrateur : Christine Alcouffe

Éditeur : Catchup Games

Genre de jeu : Draft de cartes

Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 5 / 12+ / 30 min

Date de sortie : Septembre 2017

Prix conseillé : 27 €

Un jeu de gestion de royaume qui se joue en à peine 30 minutes, avec des monstres côtoyant des villageois et des combos plus redoutables que ceux de Mortal Kombat, ça vous dit ? Bienvenu dans Paper Tales.

Le but du jeu est simple : construire votre royaume au moyen de cartes et marquer le plus de points. Unités militaires, marchands, bâtiments et autres créatures magiques ne sont que quelques possibilités pour peupler votre royaume et scorer comme un fou. Chaque joueur débute avec un paquet de cartes en main et n’en conserve qu’une, avant de passer les autres au joueur à côté de lui.

Changer de stratégie à chaque tour

Forcément, vous devrez faire des choix. Est-ce que je garde ce puissant militaire que je n’utiliserai peut-être pas, ou est-ce que je le donne à mon adversaire qui risque de marquer des points en jouant la guerre ? L’originalité vient ici de ce qu’à chaque fin de tour, vos unités vieillissent et/ou meurent, vous forçant à changer de stratégie à chaque nouveau tour.

Ajoutez à cela un principe de combo entre certaines cartes pour exploser votre score et un système de guerre emprunté à 7 Wonders, dans lequel vous n’êtes en compétition qu’avec les joueurs situés de chaque côté de vous, et vous obtenez un jeu rapide, fun et hyper calculateur.

À noter l’arrivée prochaine d’une extension ajoutant un septième joueur et un mode solo, que nous vous présenterons dans un prochain épisode.

On aime :

  • Le travail graphique de Christine Alcouffe
  • Les combos brutaux que certaines cartes peuvent permettre
  • La simplicité du matos qui fait qu’on se concentre sur le gameplay

En conclusion : 

Paper Tales est une très bonne initiation aux jeux de draft. Il est plein de bonnes idées et très joli. La multitude de cartes qu’il contient assure à elle seule une rejouabilité monstrueuse, le temps d’en faire le tour.Taluva (et son extension) : Un petit paradis explosif

Fiche d’identité

Auteur : Marcel-André Casasola-Merkle

Illustrateur : Naïade

Éditeur : Ferti

Genre de jeu : Tuiles, Placement

Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 4 (5 avec l’extension) / 8+ / 45 min

Date de sortie : Septembre 2013 (Taluva) Octobre 2017 (Extension)

Prix conseillé : 39€ (Taluva) / 19€ (extension)

Dans les mers du sud existe une île volcanique du nom de Taluva. Vous dirigez l’un des peuples qui s’y trouve et vous allez devoir faire en sorte de survivre et de prospérer sur cette étrange île en mouvement perpétuel !

Dans Taluva, chaque joueur va pouvoir modifier la forme de l’île sur laquelle vous jouez, en plaçant des tuiles, avant de faire prospérer ses villages, ses temples, ses tours et ses barques (avec l’extension). Pour cela, vous devrez suivre des règles de placement spécifiques, qui apportent tout le sel au jeu.

Barques et lagons

Par exemple, superposer des tuiles permet de donner de la hauteur à votre île et est nécessaire pour pouvoir placer les tours, qui ne peuvent être érigées que sur des hauteurs de 3 tuiles ou plus. Mais les tuiles ne se superposent pas n’importe comment et il vous faudra parfois sacrifier des huttes de votre village ou du village d’un adversaire pour avancer. Les barques de l’extension ne peuvent être posés que dans les lagons fermés, etc. L’extension, qui apporte un 5e joueur et la gestion des barques, propose aussi un plateau sur lequel viendront se placer les tuiles et qui amène de nouvelles contraintes de placement.

Taluva ravira les stratèges, qui pourront l’emporter de multiples façons. Vous sentez qu’un type de victoire vous échappe ? Changez de stratégie et tentez de surprendre vos adversaires. Mais attention, un volcan peut toujours venir contrecarrer vos plans et vous ravir la victoire.

On aime :

  • La mécanique simple et hyper efficace
  • Visuellement c’est très joli
  • Les parties ne se ressemblent jamais
  • L’extension pleine à craquer pour un prix plus que raisonnable

En conclusion :

Visuellement magnifique, très stratégique, Taluva est sans conteste une des références absolues du jeu de placement. Y jouer est chaque fois un régal. Et l’extension sortie récemment accroît encore son intérêt. Vous n’avez plus aucune excuse pour passer à côté.

Majesty : Bâtissez votre royaume

Fiche d’identité

Auteur : Marc André

Illustrateur : Anne Heidsieck

Éditeur : Hans Im Gluck

Genre de jeu : Cartes, Draft

Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 4 / 8+ / 20 min

Date de sortie : Novembre 2017

Prix conseillé : 27€

Oyez Oyez, gentes dames et damoiseaux ! Nous sommes en train de bâtir un royaume et nous avons besoin de vous pour le faire prospérer ! Pardon ? Nos voisins aussi ? Ah mais le nôtre est bleu, c’est plus joli, le bleu. Attendez ! Revenez ! On a de la bière !

Si Majesty vous demande d’amasser le plus de points pour remporter la partie, c’est dans sa façon de faire qu’il est vraiment original. Ici, tout rapporte des points, et tout s’annule ou se combine pour multiplier votre score de façon exponentielle. Vous allez simplement devoir collectionner différents types de villageois, chacun étant affecté à un bâtiment. Les points sont multipliés par le nombre de villageois présents et certains villageois ou bâtiments déclenchent des actions sur d’autres villageois ou bâtiments.

Des parties rapides à jouer

Mieux vaut être bon en calcul mental, car cette profusion de points va vite vous faire tourner la tête. Pour autant, le jeu reste très fun et accessible. Et la courte durée de la partie fait qu’on peut immédiatement en relancer une et tenter de faire des choix plus judicieux.

Tour à tour, les joueurs choisissent une carte parmi une sélection commune, au centre de la table. Si la carte la plus à gauche est gratuite il faudra payer en ouvriers pour obtenir une carte plus avancée dans la ligne en plaçant un ouvrier sur chaque carte précédant celle que vous souhaitez acquérir. Si un joueur récupère une carte sur laquelle sont placés plusieurs ouvriers, il les récupère par la même occasion. Et comme tout le reste dans Majesty, ces ouvriers valent des points de victoire. Il est donc possible de gagner de bien des manières et il est généralement difficile de prédire l’identité du vainqueur avant le comptage final.

On aime :

  • La mécanique hyper accessible
  • Les parties rapides
  • La multitude de façons de scorer
  • La variante plus difficile pour les gros joueurs, au verso des cartes

En conclusion :

Majesty est un bon jeu, un très bon jeu, même. Très bon parce qu’il permet d’initier des débutants au principe du draft, qu’il le fait en 20 minutes ou moins, et qu’il est bien plus profond et casse-tête qu’il n’y paraît.

Bunny Kingdom : Multipliez les carottes

Fiche d’identité

Auteur : Richard Garfield

Illustrateur : Paul Mafayon

Éditeur : Iello

Genre de jeu : Placement, Draft

Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 4 / 12+ / 40 min

Date de sortie : Septembre 2017

Prix conseillé : 40 euros

Le roi des lapins vous a envoyé, vous et les autres joueurs, peupler le nouveau monde. Bâtissez les plus beaux fiefs en son honneur et multipliez les carottes. Trop mignon ? Certes, mais tellement plus que ça.

Bunny Kingdom est une excellente surprise. En plus d’être visuellement magnifique, il mélange différentes mécaniques (telles que le draft et le placement d’ouvriers) avec brio et permet des parties riches en rebondissements et en coups fourrés.

Chaque joueur débute avec un certain nombre de cartes en main mais n’en conserve que deux, avant de passer le reste du paquet au joueur suivant et de recevoir celui du joueur précédent. Là encore, il y prend deux cartes, et ainsi de suite. On sait donc toujours plus ou moins ce que vont faire les autres, et il faut constamment choisir entre progresser soi-même ou entraver l’avancée des autres.

Tout le monde a virtuellement les mêmes cartes en main 

Certaines cartes correspondent à des emplacements sur le plateau, où vous placerez vos lapins, afin de conquérir des fiefs (zones). D’autres proposent des objectifs secrets ou des trésors. D’autres encore vous permettront de bâtir des châteaux sur vos terres ou de planter des ressources uniques. À vous de faire le bon choix à chaque tour, tout en sachant que les cartes que vous laisserez passer finiront inexorablement dans la main d’un autre joueur. La stratégie commence donc dès les premières secondes.

Cette méthode supprime du reste le concept de chance aux cartes, puisque tout le monde a virtuellement les mêmes cartes en main. Tout va donc reposer uniquement sur la façon dont vous gérerez vos fiefs, ces derniers ne rapportant pas de points selon leur taille, mais selon leur composition. Multipliez le nombre de tours de vos châteaux par le nombre de ressources différentes et vous obtenez la valeur d’un fief. Simple, mais brillant.

Serez-vous le genre de joueur à venir placer un lapin au centre d’un fief adverse pour contrecarrer ses plans, ou irez-vous prospérer discrètement, dans votre coin ? Allez-vous jouer sur la prolifération géographique ou sur les objectifs secrets ? Miserez-vous gros ou tenterez-vous de multiplier les petits gains ?
Autant de façons de l’emporter qui ne font que multiplier la rejouabilité de ce petit bijou.

On aime :

  • Des lapins partout !
  • Les illustrations de Paul Mafayon, juste magnifiques
  • Le système de draft parfaitement utilisé ici
  • La durée des parties, idéale
  • Les fourbes prendront autant de plaisir que les stratèges

En conclusion :

Sous ses aspects de petit jeu mignon avec du joli matériel, Bunny Kingdom s’avère aussi redoutablement efficace en matière de fun et de stratégie. Sans aucun doute, un de nos coups de cœur de 2017.

Mexica : pour se triturer les méninges

Fiche d’identité

Auteur : Wolfgang Kramer & Michael Kiesling

Illustrateur : Paul Mafayon & Christophe Swal

Éditeur : Super Meeple

Genre de jeu : Placement, majorité

Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 4 / 10+ / 90 min

Date de sortie : Janvier 2015

Prix conseillé : 45 €

Continuant sur leur ligne de jeux puisant dans la richesse historique de peuples exotiques, Wolfgang Kramer et Michael Kiesling signent avec Mexica un gros jeu qui va faire fumer vos méninges, et râler vos amis.

Le duo Kramer-Kiesling nous propose avec Mexica un jeu de placement extrêmement mathématique. L’anticipation est ici la meilleure façon de l’emporter et si vous êtes du genre à prévoir vos placements trois ou quatre coups à l’avance, alors Mexica est fait pour vous. Bien entendu, le défaut habituel de ce genre de mécanique c’est qu’un joueur qui fait quelques mauvais choix risque de subir le jeu durant toute la partie. Mais c’est un problème qu’on peut aisément contourner en jouant entre joueurs de même niveau.

Établir des quartiers autour d’un temple sacré

Au delà de ça, on retrouve avec Mexica les classiques des jeux de ces auteurs, tels que la piste de score, le nombre d’actions à dépenser par tour, un jeu en deux étapes et une profondeur qui se révèle à mesure qu’on avance dans la partie.
Le but du jeu est simple, vous devez établir des quartiers autour d’un temple sacré, en creusant des canalisations et en plaçant des temples.
Pas de chichis, on est clairement dans de la mécanique de placement, d’optimisation et de majorité. Ça n’est pas un genre de jeu qui convient à tout le monde, mais une chose est sûre, les aficionados du genre vont adorer Mexica. Plus calculateur que fun, plus casse-tête que rigolo, c’est un jeu à mettre entre les mains des joueurs qui aiment tester leurs capacités de réflexion et qui n’ont pas peur de faire de belles crasses à leurs potes.

On aime :

  • Le matos, comme toujours avec Super Meeple
  • Calculer à l’avance ses coups comme dans un jeu d’échec

En conclusion :

Très mathématique, trop pour certains, Mexica est fait pour celles et ceux qui aiment se triturer l’esprit sur la meilleure façon d’optimiser ses actions pour marquer le plus de points possible.

7 Wonders : construisez votre empire

Fiche d’identité

Auteur : Antoine Bauza

Illustrateur : Miguel Coimbra

Éditeur : Repos Prod

Genre de jeu : Draft, stratégie, optimisation

Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 7 / 10+ / 30 min

Date de sortie : Avril 2011

Prix conseillé : 35€

César, Cléopâtre, Napoléon, Gengis Khan, Nicolas Sarkozy… autant de figures qui ont tenté (avec plus ou moins de succès !) de développer un empire mémorable. Avec 7 Wonders, c’est à votre tour.

Difficile de parler de jeux de gestion de royaumes sans parler de ce jeu. C’est une des références dans le domaine, l’un des jeux du genre les plus joués. Ses mécaniques ont inspiré nombre d’auteurs et d’éditeurs. C’est aussi un jeu qui a un peu donné le ton concernant les extensions dans les jeux de société.

Economique, militaire, scientifique : choisissez votre voie

Dans ce jeu de draft, vous allez devoir gérer votre cité en échangeant avec les joueurs les plus proches de vous, leur faire la guerre, les aider à se développer ou au contraire tout faire pour les maintenir dans la pauvreté. Construisez des Merveilles, développez certains commerces, produisez les ressources nécessaires à votre évolution ou achetez ce dont vous avez besoin chez les autres joueurs, au risque de leur donner de quoi s’armer contre vous. Décidez si vous voulez remporter une victoire économique, militaire ou encore scientifique. L’avenir de votre cité est entre vos mains.

Jeu de draft par excellence, tous les joueurs ont accès aux mêmes cartes, et en choisissent tour à tour. Chaque carte que vous laisserez aux autres pourra donc potentiellement tout changer et il n’existe pas de décision sans conséquences dans 7 Wonders. Tout ce que vous faites a des répercussions sur vous et sur les autres joueurs. Alors surveillez vos ennemis, mais méfiez-vous encore plus de vos amis.
Si vis pacem, para ludum, comme dirait l’autre.

On aime :

  • Un standard indémodable
  • Plusieurs façons de l’emporter
  • Des règles qui s’expliquent en quelques minutes
  • Une palanquée d’extensions pour redonner du souffle au jeu de base

En conclusion :

7 Wonders, c’est un peu le Super Mario des jeux société modernes. Toute le monde en a un, ou y a au moins déjà joué. Et si ça n’est pas votre cas, il est urgent de vous mettre à la page. Une parfaite entrée en la matière.

Vous avez aimé cette sélection ? Retrouvez ci-dessous nos précédentes éditions :

[On joue à des jeux de société, épisode 17] Kickstartez ! Ululez ! Mais surtout, jouez !

[On joue à des jeux de société, épisode 16] Tikal ou Tipacal de grimper sur ce temple ?

[On joue à des jeux de société, épisode 15] Dropmix : Ce refrain qui te plaît…

[On joue à des jeux de société, épisode 14] L’arbre : Poussez, madame !

[On joue à des jeux de société, épisode 13] V-Commandos : À la guerre, comme à la guerre !

[On joue à des jeux de société, épisode 12] Feeding Zombies : Venez comme vous êtes

[On joue à des jeux de société, épisode 11] Photosynthesis : Un jeu qui fait de l’ombre aux autres

[On joue à des jeux de société, épisode 10] Décrocher la lune… et accrocher les joueurs

[On joue à des jeux de société, épisode 9] Kitty Paw – Comme un chat dans sa caisse

[On joue à des jeux de société, épisode 8] Complots – Le mensonge en marche

[On joue à des jeux de société, épisode 7] We are the word – Tous ensemble, tous ensemble, tous!

[On joue à des jeux de société, épisode 6] Doggie Bag : Vilain, vilain chien !

[On joue à des jeux de société, épisode 5] Les Aventuriers du rail – Europe : En voiture, Simone !

[On joue à des jeux de société, épisode 4] The 7th Continent, le continent dont VOUS êtes le héros… et la victime

[On joue à des jeux de société, épisode 3] Diamant : Toujours plus… souvent moins

[On joue à des jeux de société, épisode 2] Smash up : Prends ça dans tes dents (si t’en as) !

[On joue à des jeux de société, épisode 1] Sbires : La dure vie d’un homme de main