Que retenir de l’année 2025 ? Le rachat de Warner ? Les ingérences de Trump à Hollywood ? Les raz-de-marée Demon Slayer et Ne Zha 2 ? Le lancement officiel du DCU avec le Superman de James Gunn ? Les dizaines de biopics sur des artistes musicaux ? Un peu de tout ça à la fois ? De notre côté, on a longuement réfléchi sur les films que l’on retient de 2025. Un constat s’est imposé, celui de n’avoir aucun vainqueur ou aucun perdant indiscutable, malgré la présence d’Avatar 3, tant il y a eu de la concurrence dans chaque domaine, sur des aspects souvent bien différents. Alors comme en 2024, on a plutôt choisi de retenir les longs-métrages qui ont su être avant tout marquants, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.
Captain America 4 : Brave New World – la recette Marvel périmée
La saison des blockbusters Disney a commencé très tôt en 2025 avec, dès février, la sortie en salles de Captain America 4 : Brave New World. Un Marvel qui nous promettait du changement et qui a surtout prouvé que le MCU tirait sur sa propre corde.
Non seulement, il n’a pas su incarner le moindre renouveau avec une narration toujours autant automatique, mais c’est la première fois que l’écurie de Kevin Feige semble autant en panne d’idées avec le recyclage d’une vieille histoire. Le pire, c’est que l’histoire ne concernait même pas Captain America, mais un Hulk, lui, totalement absent. À cela, se rajoute une campagne promotionnelle misant sur ce que le film entendait garder comme un twist, créant un décalage entre l’attente du fan et la construction du récit. Un grand n’importe quoi sans intérêt.
Un film à voir pour savoir ce que devient le plot des Éternels. La critique.
Life of Chuck – le plus beau pas de danse
L’absence de succès au box-office de Life of Chuck est l’une des énigmes de l’année. Mike Flanagan, maître du fantastique et de l’horrifique qui cumule les hits sur Netflix revient sur grand écran pour la première fois depuis son Doctor Sleep en 2019, le tout avec Tom Hiddleston en tête d’affiche.
Une adaptation d’une nouvelle de Stephen King (à l’instar de Marche ou Crève et The Running Man qui se suivront en salles) qui nous a offert une tempête émotionnelle ainsi qu’une jolie réflexion sur le temps qui passe. Mais plus important encore, le film a su rendre la banalité éblouissante. Alors pour tout ça, merci Chuck !
Un film à voir pour danser à nouveau. La critique.
In The Lost Lands – la catastrophe discrète
Paul W.S. Anderson (la saga Resident Evil) à la réalisation, Milla Jovovich devant la caméra, un film pas montré en amont à la presse… In The Lost Lands cochait déjà toutes les cases de l’accident industriel en puissance. Le résultat fut à la hauteur des attentes avec un pseudo Mad Max sous forme de bouillie numérique où tout sonne faux, du décor aux dialogues.
La seule qualité d’In The Lost Lands, c’est qu’il n’a pas été assez longtemps en salles et sur si peu de séances et de cinémas que personne ou presque n’a pu admirer ce chef-d’œuvre de mauvais goût. Paulo filme avec deux nuances de couleurs et plein de ralentis, quant à Milla et Dave Bautista, ils oscillent entre le mauvais jeu et l’absence de jeu. Que ce truc ait été produit tient déjà du miracle.
Un film à voir pour se brûler les yeux. La critique.
Escape From the 21st Century – le film le plus fou de 2025
Escape From the 21st Century est sans aucun doute notre petite pépite de l’année par la folie qui s’en dégage. On est face à un film qui puise son essence dans un cinéma d’idées et non de moyens avec une générosité assumée. Un blockbuster dans la lignée d’Everything Everywhere All At Once ou de Scott Pilgrim où le réalisateur ne s’est rien interdit.
Film de science-fiction, de super-héros, d’animation, de comédie, de drame… Le long-métrage fait tout, tout le temps, et développe même un propos profond sur le passage à l’âge adulte. Avec une pointe de philosophie et de voyage dans le temps, puisqu’on y est. L’exemple parfait d’une expérience de cinéma qu’on débute sans savoir à quoi s’attendre, puis dans laquelle on ne sait où on va, avant de sortir de la salle, ravi d’y être allé.
Un film à voir pour sa différence. La critique.
Minecraft – le film qui a détruit le cinéma
Minecraft, c’est plus de 900 millions de dollars au box-office et une présence sur les réseaux sociaux qui a écrasé presque toute concurrence. L’un des plus gros succès de 2025 au niveau économique, surtout dans un contexte où la fréquentation des salles n’a pas été au beau fixe. Au point où Minecraft 2 a été immédiatement mis dans les tuyaux.
Cependant, Minecraft est non seulement un navet, mais c’est également le film le plus cynique de l’année. Sous couvert de respecter l’univers (qui a un énorme potentiel et qui aurait mérité les mains des pères de La Grande Aventure LEGO), le long-métrage est conçu comme une machine à fric où on invite les spectateurs à filmer et à partager des séquences réalisées dans ce but. Dans la construction, dans le surjeu constant de Jack Black et Jason Momoa, dans le tempo des répliques comiques ou de l’action, tout est pensé pour être plus viral que qualitatif, prenant ainsi le spectateur ouvertement pour un idiot.
Un film à voir pour faire des vidéos TikTok. La critique.
Thunderbolts* / Superman – l’espoir pour les super-héros
On était obligés de les mettre ex æquo. D’un côté, Marvel qui avait échoué à se renouveler avec Captain America 4 nous montre qu’avec un peu de prise de risque et de liberté créative, on peut accoucher d’un film de super-héros où la santé mentale compte plus que les pouvoirs. Une façon de montrer que le genre peut aussi raconter quelque chose sur l’humain et un espoir pour le MCU. Les 4 Fantastiques étant ensuite venu doucher cet espoir avec un traitement à nouveau très classique.
De l’autre, James Gunn signe un Superman où la gentillesse devient punk et où on peut tout risquer pour un chien ou un écureuil. Une œuvre bienveillante qui renoue avec l’essence du héros, le plaçant à nouveau comme un symbole à suivre plus que comme un Dieu. Deux films imparfaits, mais qui ont, chacun à leur manière, fait du bien à l’écurie, au genre, et aux spectateurs.
Des films à voir pour être punk. La critique de Thunderbolts* et de Superman.
Le Jardinier – la palme du malaise
Si vous nous lisez régulièrement, vous n’avez pas pu louper le nombre de fois où votre serviteur parle du Jardinier dans ses papiers, depuis la triste journée du 9 janvier. Oui, c’est bien dès début 2025 que le mal a frappé sous l’apparence d’une comédie française portée par Michaël Youn et Jean-Claude Van Damme.
Prime Vidéo nous a offert un moment inoubliable où chaque séquence est pire que la précédente. L’humour est lourdingue, les personnages sont détestables et les acteurs… pardon, il n’y a personne pouvant justifier de cette profession dans ce cas précis. Une comédie d’action qui pense détenir un truc premier degré alors que même notre JCVD est sous-exploité par une caméra qui ne sait pas quoi filmer. Une médiocrité telle que tout le monde a voulu constater le naufrage, faisant du Jardinier le film numéro 1 de la plateforme pendant un temps. Bel exploit au demeurant.
Un film à voir si on aime les acteurs jouant comme des plantes. La critique.
KPop Demon Hunters – le phénomène de 2025
Il peut être curieux de mettre Kpop Demon Hunters parmi les pépites de 2025, alors que, soyons honnêtes, le film de Netflix n’a pas que des qualités, loin de là, et que l’on pourrait citer bien d’autres œuvres plus méritantes. Néanmoins, il faut aussi savoir saluer lorsqu’un film parvient à devenir un phénomène de société, alors que rien ne le prédestinait pour.
Loin du racoleur Minecraft, KPDH possède une vraie démarche artistique dans son animation et sa mise en scène, l’humour fonctionne bien et les chansons… On ne peut plus passer une journée sans entendre Golden dans un lieu ou un événement public, et ce, partout dans le monde. Le film est sorti presque sans bruit sur Netflix, et ne cesse depuis de hurler son existence avec panache. On peut le critiquer, mais il faut savoir applaudir.
Un film à voir pour être Soda Pop. La critique.
Kaamelott, Deuxième volet, partie 1– le rendez-vous manqué
Comme Kpop Demon Hunters dans sa catégorie, Kaamelott, Deuxième volet – partie 1 ne devrait pas se trouver dans une sélection des pires flops de 2025 alors qu’Insaisissables 3 existe. Mais on se devait de marquer l’intention au regard de l’attente que le film d’Alexandre Astier a suscitée.
La suite des aventures d’Arthur Pendragon était sans doute l’une des plus grosses attentes de 2025, y compris pour les professionnels du milieu et l’exploitation française. S’il a plutôt bien marché, il est bien en deçà de son aîné et surtout, les critiques, presse ou public sont loin d’avoir défendu le long-métrage. Une multitude de personnages, une abondance de sous-intrigues et une mauvaise couture de l’ensemble ont fait de ce Kaamelott 2 une déception quasi généralisée, un coup d’épée dans l’eau. Et plus le temps passe, moins on l’apprécie.
Un film à voir pour en avoir gros. La critique.
Frankenstein – notre coup de cœur de l’hiver
Guillermo del Toro et Frankenstein, une histoire d’amour de longue date qui accouche enfin d’un film. Le réalisateur amoureux des monstres s’attaque à l’un de ses plus grands représentants, celui qui a habité son cinéma depuis les débuts. Ce qui accouche d’une œuvre Netflix qui aurait bien mérité le plus beau grand écran tant la réalisation du maître est picturale.
Certes, on admet les longueurs et les quelques ratés, mais ils sont noyés dans un océan d’amour que porte del Toro pour l’oeuvre de Mary Shelley et le monstre en particulier. Le réalisateur se réinvente, s’approprie la créature et livre sa version du conte dans une œuvre romantique baroque où la quête de Dieu devient celle d’un père. Tout simplement somptueux.
Un film à voir pour sa monstruosité. La critique.
War of the Worlds – la plus mauvaise pub Amazon
On est de retour sur Prime Vidéo (qui a aussi des bons films, regardez… bref, il y en a !) avec une nouvelle adaptation de La Guerre des Mondes. L’invasion alien vécue par l’intermédiaire d’un écran, il y avait de l’idée (et un manque de budget) dans le projet.
Si l’incohérence devait se réincarner en film, ça serait celui-ci, tant il y en a dans chaque séquence. Ice Cube est une mine à expressions faciales ubuesques tandis que les autres acteurs n’ont que deux expressions. Les effets spéciaux sont ridicules et l’intrigue originale accouche ici d’une version écrite dans une station-service le temps d’un plein. Mais là où le long-métrage se ridiculise définitivement, c’est lors de son magnifique placement de produit pour Amazon où on a carrément un guide d’achat à l’écran.
Un film à voir pour faire ses achats Amazon. La critique.
Sinners – l’évidence ?
Lorsqu’il a fallu commencer à se pencher sur cet article, autant on ne manquait pas de candidats au flop, autant de l’autre côté de l’échelle, on a eu du mal à établir une liste. On a eu des années où la couronne semblait évidente pour votre serviteur (Godzilla Minus One en 2023, Civil War l’année dernière), alors qu’en 2025, aucun n’a survolé la concurrence au point d’être intouchable. Du coup, notre choix ne s’est pas porté sur un intouchable, mais sur celui qui revenait systématiquement en bouche dès qu’on envisageait la question : Sinners.
Le film de Ryan Coogler s’impose comme une œuvre viscérale qui soigne autant son fond que sa forme ; nous parle de la culture afro-américaine autant que d’intégration et d’appropriation ; nous livre une séquence musicale d’une puissance folle. Et puis il y a deux Michael B. Jordan et des vampires. Un long-métrage riche, complexe, qui marque encore nos esprits plusieurs mois après. Ce qui devient de plus en plus rare.
Un film à voir pour chanter le blues. La critique.
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